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Steve’s Rag 08 – les chiffres dans « ça »

Les chiffres dans Ca

(Stéphanie De Rycke)



Note préliminaire : Les numéros de pages auxquels il est fait référence dans cet article renvoient à l’édition J’Ai Lu.

        Dans Ca, les chiffres tiennent une place importante. Il y a trois chiffres fondamentaux : le 6, le 7 et le 13.

Le Chiffre 13.

        Le chiffre 13 renferme des connotations maléfiques. En effet, 13 est traditionnellement le chiffre des sorcières. Leur calendrier ne comporte pas douze mais treize mois. Aux yeux des sorcières, ce chiffre possède des vertus magiques, maléfiques.
        Or, la ville de Derry a été fondée en mai 1807, et plus exactement le 13 mai 1807 (cf. page 239, tome 2). On peut donc considérer comme normal qu’il se passe des choses extraordinaires dans cette ville. Et comme ce chiffre détient une forte connotation négative, il est logique de s’attendre à ce que ces faits soient d’ordre dramatique.
        De plus, lors de l’affrontement des Ratés et de (a dans la maison de Neibolt Street, le loup-garou porte un blouson d’université. Le numéro inscrit sur le dos de ce blouson est le 13.
        Enfin, quand on regarde le jeu de Tarot divinatoire, on peut constater que la carte numéro treize est la représentation de la Mort.

Le Chiffre 6.

        Le chiffre 6 est celui qui contient le plus de connotations maléfiques, car le chiffre diabolique par excellence est le 666.
        On retrouve souvent le chiffre 6 dans Ca.
        Ainsi, quand les Ratés sont adultes, (a s’en prend au plus faible d’entre eux, qui est Stan. Il était le plus faible, car c’était le seul à être sceptique, à vraiment douter de la véracité de toute l’histoire. Et le doute de ses adversaires donne de la force à Ca.
        Après le coup de téléphone de Mike, Stan se suicide. Il n’a pas pu supporter le choc. (a apparaît à Mike sous la forme de la tête de Stan et lui fait dire : Je viens juste de penser que je devais me joindre à vous; vous ne pouvez pas gagner sans moi. Vous auriez eu une chance su j’étais venu (…). Tout ce que vous pourrez faire tous les six, c’est remâcher vos vieux souvenirs et aller ensuite à l’abattoir. (cf : page 295, tome 2).
        Ce qui veut dire que sans lui, il manque quelqu’un dans la chaîne. Le cercle est brisé, donc leurs chances de vaincre en sont considérablement amoindries.
        Enfin, Mike intègre véritablement le Club le 6 juillet 1958. C’est donc à partir de ce jour que les choses sérieuses vont commencer.
        Le 6 juillet, ils sont au complet, et ils ne peuvent plus reculer. Ils ne peuvent faire autrement qu’accomplir leur destinée.

Le Chiffre 7.

        Le chiffre 7 est celui qui détient le plus de connotations bénéfiques, car il est dit que le 7 est le chiffre de Dieu (ex : les 7 Merveilles du Monde, les 7 Jours de la semaine,…)
        Ce chiffre tient également une place importante dans (a.
        Ainsi, avant l’arrivée de Mike, tous les membres du Club des Ratés savent qu’ils ne sont pas encore au complet, qu’il manque encore une personne.
        Après son arrivée, ce sentiment d’incomplétude disparaît. La boucle est bouclée, ils sont tous réunis :
        Avant l’arrivée de Mike, le cercle s’était reformé, la roue avait commencé à tourner. (cf. : page 398, tome 2)
        De plus, le premier affrontement entre les Ratés et (a, dans la maison de Neibolt Street, a lieu en juillet, c’est-à-dire le septième mois de l’année.
        Enfin, il arrive le 6 juillet, Mike ne subit aucun interrogatoire de la part des autres. Il n’a pas eu à démontrer quoi que ce soit pour prouver qu’il pouvait faire partie du Club, pas d’examen d’entrée. Il est simplement arrivé, et tout aussi simplement, les autres l’ont accepté :
        Il s’est montré, on l’avait accepté. Comme si, sans même le savoir, ils l’attendaient. (cf. : page 398, tome 2).
        Ils sentent que quelque chose d’important est en train de se produire, mais ils ne peuvent l’expliquer.
        Quand le septième élément (Mike) est arrivé, tout s’est mis en place et est devenu clair. Ils sont prêts à combattre l’innommable, du moment qu’ils sont sept :
        Sept, c’est le nombre magique. Il faut que nous soyons sept. C’est comme ça que cela doit être. (cf : page 446, tome 2).
        La principale opposition dans ces chiffres est celle du 6 et du 7. De par cette opposition, et par certaines réflexions des personnages, nous pouvons penser que le vrai combat ne se livre pas entre des enfants et un monstre assassin, mais entre deux forces antagonistes : le Bien et le Mal.
        Ainsi, certains adultes ressentent-ils la force qui pousse les Ratés. Quand Eddie est à l’hôpital et que sa mère en profite pour rejeter ses amis, il se rebelle. Chose qu’il n’avait jamais fait auparavant, ou plutôt qu’il n’avait jamais osé faire. Il ne lui parle pas comme un enfant de dix ans à sa mère, mais comme un adulte à un autre adulte. Les armes qu’elle utilise d’habitude sur lui pour le faire céder ne marchent pas à ce moment là. Preuve que la situation est exceptionnelle.
        Et sa mère sent qu’il n’est pas lui même, que quelque chose le guide :
        Elle sentait les autres à travers lui, (…) et quelque chose d’autre au-delà d’eux. (…) C’était comme s’il se trouvait sous l’emprise de quelque chose. (cf. : page 14, tome 3).
        De plus, les membres du Club savent qu’ils sont manipulés par une force supérieure :
        Nous sommes attirés dans quelque chose. Nous avons été choisis, élus. Il n’y a rien là rien d’accidentel.
        Plus aucun doute n’est permis après l’incident sui précède la cérémonie de la petite fumée. En effet, afin de savoir lequel des sept va rester à l’extérieur, Bev sort sept allumettes et en enflamme une. C’était à celui qui tomberait dessus. Or, quand chacun a pioché une allumette, ils se rendent compte que les sept sont intactes. (cf. : page 447, tome 2).
        Une force extérieure est donc intervenue. Et aucun des sept membres ne conteste cette force :
        Nous descendons tous dedans (…). Parce que c’est ce que nous sommes censés faire. (cf.: page 449, tome 2).
        Enfin, avant l’arrivée de Mike, les six membres du Club savent qu’ils ne sont pas au complet, mais ils n’acceptent pas le premier venu. Ils savent qui doit faire partie du Club et qui ne doit pas en faire partie.
        Ainsi, lorsqu’un certain Bradley Donovan essaie de s’imposer en tant que septième membre, les Ratés sentent qu’il n’est pas le bon :
        Beverly faisait partie du groupe, disaient les yeux de Bill; Bradley Machin, non. Il pouvait rester un moment aujourd’hui, voire même revenir dans les Friches – personne ne lui dirait :  » Désolé, le Club des Ratés affiche complet, nous avons déjà notre bafouilleur de service  » -mais il n’en faisait pas partie. Il n’était pas des leurs. (cf. : page 461, tome 1).

        Dans Ca, comme dans plusieurs autres de ses romans, Stephen King nous montre le combat du Bien contre le Mal. Il est donc logique que beaucoup de choses se rapportent au divin et au diabolique, comme les chiffres.
        Dans ce roman, il nous est possible de voir la face du Mal (l’araignée de la fin), tandis que celle du Bien est invisible (NDLR : et la Tortue dans tout ça?).
       
Le Mal peut toujours avoir un visage. Ca incarne les individus, choses ou animaux qui effraient le plus les enfants. Mais on ne voit jamais le visage du Bien. Les Ratés sentent une force, font des choses qu’ils savent décidées par quelqu’un d’autre, mais ils ne voient pas le visage de celui qui les guide.
        Est-ce pour nous montrer que le Mal peut toujours être incarné, donc combattu? Que le Mal a besoin d’être incarné pour agir, tandis que la force du Bien est tellement grande qu’elle peut se passer de ces artifices?





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