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Steve’s Rag 14 – Les oeuvres rares de Stephen King

Les Oeuvres Rares de Stephen King

(Bill Knispel)


Stephen King a sans aucun doute eu une carrière prolifique. Même lorsque vous ôtez tous les romans (y compris ceux écrits sous le pseudonyme de l’alter ego Richard Bachman), King a tout de même une production enviable. Il a officiellement publié cinq recueils de nouvelles et novellas (six si vous comptez, comme je le fais, le premier volume de la série LA TOUR SOMBRE : THE GUNSLINGER), ce qui représente 67 histoires. Bien sur, cela parait peu en comparaison avec, par exemple, les 1800 de Harlan Ellison, mais néanmoins pas si misérable que cela.
Mais ce nombre est erroné. Il ne prend en effet pas en compte les histoires qui n’ont jamais été publiées en recueils et qui n’ont pas encore eu l’occasion d’être réimprimées. D’autres remontent au début de la carrière de King, quand une nouvelle pouvait lui rapporter $65.00 environ… S’il avait de la chance.
Dans mes articles à venir, je vais essayer de vous parler de toutes les nouvelles sur lesquelles je pourrai mettre la main, vous parler de leur disponibilité, de leurs intrigues et vous donner quelques points de vue critiques.
Un point important : Toutes les informations, concernant les éditeurs, que je mentionnerai dans cet article et dans les suivants, sont celles des éditions américaines. N’ayant que très peu d’informations concernant la diffusion de ces histoires dans d’autres pays (à condition qu’elles aient bien été publiées ailleurs), je dois me contenter du matériel à ma disposition. Toute information concernant d’autres publications sera vraiment la bienvenue.
Il ne faut pas non plus oublier que même si Stephen King possède une liste d’œuvres rares assez imposante, elle est tout de même faible comparée à celles d’autres auteurs. Alors, si vous possédez des histoires que je n’ai peut-être pas (ou si vous avez des propositions à me faire pour un prochain article), n’hésitez pas à m’écrire (à l’adresse qui figure à la fin de cet article) ou envoyez vos courriers à l’équipe de rédaction du STEVE’S RAG qui transmettra. Bon, mettons-nous au travail.
La première histoire dont j’aimerais parler est l’une des plus récentes écrites par King, pour laquelle ce dernier a reçu les prix World Fantasv et O. Henry. THE MAN IN THE BLACK SUIT fut publiée pour la première fois en 1994, dans le numéro spécial Halloween du NEW YORKER MAGAZINE.
Au premier coup d’œil, on pourrait dire que cette nouvelle parle de cette Religion d’antan, mais l’histoire va en fait plus loin. Elle pénètre nos croyances dans la superstition, notre besoin de croire même lorsque toute évidence empirique et absente, et l’habilité des jeunes à voir et accepter n’importe quoi dans leur conception du monde à une vitesse à la fois enviable et effrayante.
L’histoire, pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de la lire, est racontée par un vieil homme, qui se souvient d’événements passés [NDT: Un peu comme dans I-4 LIGNE VERTE], alors qu’il vit ses derniers instants dans un foyer spécialisé. Il décrit, avec la clarté du cristal typique de Stephen King, comment il a rencontré l’homme en noir sur la berge d’une rivière en 1914, et comment cet événement a changé sa vie entière.
Au cours de l’histoire, nos croyances et notre résolution de ne pas accepter les vieilles superstitions de nos ancêtres sont remises en question, et les dernières lignes du texte nous laissent avec plus d’interrogations que de réponses… Pas seulement à propos de l’histoire et de sa conclusion, mais plutôt sur nous-mêmes.
La première ligne de l’histoire, »Je suis maintenant très âgé et cela m’est arrivé quand j’étais très jeune, j’avais seulement neuf ans. »,est l’une des plus accrocheuses que King a réussi à faire. Le lecteur est tout de suite plongé dans l’histoire, comme si vous étiez dans la même pièce que le narrateur et qu’il vous a traîné dans un coin pour vous révéler son histoire. Le lecteur est bientôt complètement pris dans le récit du narrateur, à la manière de RIME OF THE ANCIENT MARINER de Coleridge. Ce n’est qu’une fois l’histoire terminée que le lecteur est relâché.
THE MAN IN THE BLACK SUIT est probablement l’une des meilleures nouvelles que King a jamais écrites : poignante, mordante et clairsemée. Il n’y a pas cette grandeur d’opéra que l’on retrouve dans certaines de ses œuvres les plus luxuriantes, mais plutôt un style d’écriture qui rappelle le premier roman de la TOUR SOMBRE.
Et, avant de laisser cette nouvelle, je l’ai trouvée intéressante car elle utilise le même procédé littéraire que son roman à épisodes LA LIGNE VERTE (l’utilisation du retour en arrière pour raconter l’histoire). Tout comme King décrivait sa nouvelle DEDICACES comme étant précurseur de DOLORES CLAIBORNE, THE MAN IN THE BLACK SUIT est peut-être un précurseur littéraire de LA LIGNE VERTE. Je suppose qu’il y a matière à réfléchir.
En dehors de sa publication originale dans THE NEW YORKER, THE MAN IN THE BLACK SUIT a été republiée dans THE YEAR’S BEST FANTASY AND HORROR chez Ellen Datlow et Terri Windling, huitième édition annuelle (Si Martin’s Griffin, Août 1995, $16.95). C’est la publication la plus facile à trouver pour cette nouvelle.


Maintenant, dans la tradition proverbiale « quelque chose de vieux, quelque chose de nouveau », je vais parler d’une autre nouvelle rare, publiée dans THE MAGAZINE OF FANTASY AND SCIENCE FICTION en 1977 : THE NIGHT OF THETIGER (LA NUIT Du TIGRE) est une histoire assez intéressante qui aurait très bien pu trouver sa place avec les histoires du premier recueil de King NIGHT SHIFT/DANSE MACABRE.
De nouveau, l’histoire est racontée par un retour en arrière lorsqu’un ancien employé de carnaval raconte l’étrange histoire d’un certain Monsieur Legere et de ses interactions avec le Cirque à trois pistes Farnum Williams All-American, et du dompteur de Lions, Monsieur Indrasil. Indrasil, dresseur de plusieurs animaux du cirque, n’a peur que de deux choses : Monsieur Legere, précédemment cité, et l’unique tigre du cirque, qui porte dans son nom un sinistre présage : Green Terror (la Terreur Verte).
Pendant un été complet, alors que le cirque voyage à travers les Etats-Unis de spectacle en spectacle, le jeune narrateur surveille Monsieur Legere qui suit le cirque et prête une attention toute particulière aux faits et gestes de monsieur Indrasil et du tigre. Après avoir sauvé le narrateur d’une éventuelle raclée de la part d’Indrasil, il prononce l’une des déclarations les plus énigmatiques dans une histoire de King : You tnight call me a policeman (vous pouvez m’appeler un policier).
Puis avec l’impact de l’été sur tous les côtés psychologiques évoqués dans l’histoire, les lecteurs sont lancés dans une course qui se terminera de façon explosive, laissant sans réponses les questions sur les visages intérieurs de l’homme.
Sur beaucoup de points, cette histoire est façonnée comme DR JECKYLL ET MR HYDE, l’un des romans que King classe comme archétype du roman de l’horreur dans son essai ANATOMIE DE L’HORREUR/PAGES NOIRES. Nous y trouvons des personnages qui ne sont pas ce qu’ils semblent être, bien qu’aucune réponse rationnelle ou scientifique ne nous est apportée. Les personnages doivent faire face aux conséquences de leurs actions… Et plus encore, faire face aux conséquences de ce qu’ils sont.
Cette histoire possède l’une des intrigues les moins plausibles de King et le lecteur est projeté dans l’histoire avec peu, voire aucun avertissement. Nous ne savons pas pourquoi l’on nous raconte cette histoire, ni les conséquences de ce qui s’est produit sur les personnages survivants. Il n’y a pas de réel changement, ni de développement dans la compréhension des personnages, qui à la fin de l’histoire sont assez semblables à ce qu’ils étaient au début. L’histoire elle-même est assez décousue, comme si King avait, au départ, l’intention de la rendre plus consistante ensuite.
Bien que ce soit une histoire intéressante, elle souffre de ce flou. King avait peut-être écrit une dizaine de pages supplémentaires, rendant l’histoire plus consistante, apportant plus de réponses aux lecteurs. Mais ce flou était peut-être intentionnel. Peut-être King voulait-il que nous quittions l’histoire avec un goût amer dans la bouche, nous demandant ce qui s’était passé… Ou plus important, pourquoi cela s’était-il passé.
LA NUIT Du TIGRE est assez facile à trouver. On peut la découvrir dans un recueil intitulé THE BEST HORROR STORIES FROM THE MAGAZINE OF FANTASY AND SCIENCE FICTION (St Martin’s Press, 1988, $14.95 US).
Voilà qui termine cet article. Dans le prochain numéro, j’aimerais parler d’autres histoires telles que LUNCH AT THE GOTHAM CAFE (qui valu à King le prix Bram Stocker), LUCKEY QUARTER et d’autres nouvelles non encore publiées dans un recueil… Et qui ne le seront peut-être jamais.

J’allais oublier l’adresse : Si vous désirez m’écrire ou faire des remarques sur ce que j’ai pu dire, n’hésitez pas à me contacter

Bill Knispel
619 Sidney Road
Pittstown, New Jersey 08867-4104
USA

Toute correspondance sera la bienvenue.
A bientôt.

Bill Knispel
Pittstown, New Jersey, USA – 1996

Traduit par Caroline Guichet et Lou Van Hille.





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