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Steve’s Rag 11 – Dolores, Jessie et Rose

Dolores, Jessie et Rose…

Si proches et si différentes

(Lou Van Hille)


    En 1991, le monde découvrait (avec horreur) l’anéantissement de CASTLE ROCK, Ville du Maine, pilier de l’œuvre de Stephen King… Les critiques annoncèrent alors l’arrivée d’un nouveau King. Finie l’honneur ; fini le fantastique ; celui qui avait durant tant d’années régné grâce à la peur et au paranormal allait enfin devenir un véritable écrivain.

    On parlait alors de deux nouveaux romans : GERALD’S GAME (JESSIE) et DOLORES CLAIBORNE… Deux romans « sérieux »… Bien entendu, ces critiques n’étaient apparemment pas conscientes de nombreux paramètres. Ce Stephen King là EXISTAIT DEJA ! Mais on le connaissait plutôt sous le nom Richard Bachman. Ce manque évident de connaissances de la part des critiques entraîna cependant la confusion chez certains lecteurs.

    Tous ceux ayant suivi de près l’œuvre de King savaient que Bachman et King avaient travaillé main dans la main depuis le tout début et sans le coup d’éclat des critiques, GERALD’S GAME et DOLORES CLAIBORNE n’auraient guère surpris les fidèles lecteurs.

    C’est probablement ce mouvement médiatique, qui annonçait la « mort » de King, qui fut à l’origine du succès très mitigé de ces deux livres.

    Proposons-nous de regarder ces ouvrages d’un peu plus près.
    Jusqu’alors, Stephen King avait principalement écrit des histoires dont les personnages principaux étaient soit masculins, soit des enfants ou des adolescents.
Cette fois-ci, on nous annonçait des romans centrés sur des personnages féminins et adultes : Jessie Burlingame (dans le roman du même nom). Une rumeur circulait concernant un troisième livre qui serait la pièce finale de cette trilogie passible… Ce roman était, bien entendu, ROSE MADDER.

    Dans les trois livres, l’héroïne est dépendante des pulsions malsaines de son mari… Gerald Burlingame et ses penchants sadomasochistes mettent Jessie, son épouse dans une situation assez déplaisante, proche de la mort… George St-George, époux alcoolique de Dolores Claiborne, abuse de sa fille Selena et bat sa femme… Dans ROSE MADDER, Norman Daniels est un policier (qui excelle dans sa profession) machiste qui aime tout particulièrement considérer sa femme comme punching-ball. Dans ces trios histoires, on assiste à la victoire de l’héroïne et à la mort de l’époux.

    Dans GERALD’S GAME, Jessie tue Gerald accidentellement. Dans DOLORES CLAIBORNE, l’héroïne calcule la mort de George (avec l’aide de sa patronne à Vera Donovan); Dans ROSE MADDER, Rose Mc Clenton tue son mari, avec l’aide l’un personnage étrange venu d’un autre monde, après l’avoir affronté aux côtés des membres d’une ligue féminine (que l’on retrouve dans INSOMNIA).

    Mais les liens entre ROSE MADDER et les romans de l’éclipse en restent là. GERALD’S GAME et DOLORES CLAIBORNE sont étroitement liés, certains des éléments de l’un des deux romans faisant directement référence à des événements de l’autre roman.

    Un peu comme THE TALISMAN/LE TALISMAN pourrait être considéré comme un avant goût de THE DARK TOWER/LA TOUR SOMBRE, les deux romans de l’Éclipse peuvent, à leur manière être considérés comme un essai (non-transformé) de ce qui allait devenir DESPERATION et THE REGULATORS.

    GERALD’S GAME et DOLORES CLAIBORNE (un peu comme MISERY, RAGE, CUJO… Des romans portant sur l’empreinte de Richard Bachman) se passent en huis-clos. ROSE MADDER sort de ce cadre (et ouvre sur un autre monde… Celui d’INSOMNIA et de THE DARK TOWER).

    Alors que l’histoire de ROSE MADDER se passe hors du Maine, en 1994, et sert d’introduction à l’avenir (annonçant la suite de THE DARK TOWER, mais aussi l’arrivée de DESPERATION et THE REGULATORS), DOLORES CLAIBORNE et GERALD’S GAME ont lieu dans le Maine et nous montre principalement le passé… et plus précisément l’éclipse de Soleil de 1963.

    L’action de GERALD’S GAME se situe près de DARK SCORE LAKE, à l’extrémité Ouest du Maine alors que DOLORES CLAIBORNE se passe à Little Tall Island, à l’extrémité Est de l’Etat du Maine.

    Est et Ouest… lever et coucher de Soleil (Éclipse !?!)… Début et fin… Tout cela montrerait bien qu’il s’agit d’un duo et non d’une trilogie.

    GERALD’S GAME et DOLORES CLAIBORNE font cependant bel et bien partie intégrante de l’oeuvre de King. On retrouve, par exemple, au chapitre 37 de GERALD’S GAME, des éléments récurrents de l’oeuvre Kingienne, tels que « CASTLE ROCK », « Juniper Hill Asylum », « John Lapointe », « Alan Pangborn » et « Norris Ridgewick ».

    Atropos (l’un des « docteurs chauves » d’INSOMNIA) apparaît dans DOLORES CLAIBORNE.

    ROSE MADDER, de son côté, est directement lié à INSOMNIA (« Susan Day ») et THE DARK TOWER (« Lud »);

    Ces trois romans sont si proches et cependant si différents… Leur plus grand point commun : la qualité de l’écriture et leur originalité.

    Le fait le plus regrettable est que l’arrivée des médias fut néfaste (et fatal…) pour DOLORES CLAIBORNE et GERALD’S GAME.

    Si vous ne les avez pas encore lu, je ne peux que vous encourager à le faire… Sinon, je vous invite à les relire !

Uxem, le 04 juillet 1996





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