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Steve’s Rag 11 – The Dead Zone

King a l’Italienne

(Dario Coccia)


THE DEAD ZONE (Réflexions sur le roman préféré de Stephen King)

    THE DEAD ZONE fut le premier livre de Stephen King que j’ai lu et j’ai une affection toute particulière pour ce roman. Il fut pour moi la porte d’entrée sur l’univers de Stephen King. Depuis je n’ai plus jamais réussi à en sortir.

    Lors de la conférence de Stephen King de septembre 1995 à Bangor, Stephen King déclara officiellement que THE DEAD ZONE était l’ouvrage qu’il préférait parmi tous les romans qu’il a écrits jusqu’alors.

    Deux bonnes raisons pour nous attarder sur le sujet. Je vous propose alors les réflexions d’un fidèle lecteur de l’œuvre Kingienne. En ce qui me concerne, je ne pense pas que l’on peut placer les histoires de King dans des schémas littéraires préétablis. Cela ne sert à rien de les décortiquer afin de  » trouver une signification universelle derrière chaque mot « .

    Les livres de King sont nés libres et existent pour être libres afin de nous procurer émotions et savoir… La question qui se pose alors est  » comment et quoi ?  » Cela, je ne le sais pas. Chacun doit FILTRER les messages qu’il reçoit et vivre les livres selon sa propre sensibilité. Personne ne détient le droit de déclarer :  » Voici la signification du livre « , mais tout le monde peut (et doit) dire  » Voici MON explication « .

En ce qui concerne THE DEAD ZONE, voici la mienne :

Johnny Smith, un homme banal (tout comme son nom) ayant une vie banale, fait face aux événements qui changeront son existence tout entière.

L’événement à la source de tout apparaît dans un contexte normal et entraîne le chaos (un thème que l’on retrouve très fréquemment dans l’oeuvre de King). Dans THE DEAD ZONE, l’événement en question est un accident.

    Mais ne serait-ce pas plutôt la Roue de la Fortune ? La Roue de la vie. (King déclare dans THE STAND/LE FLEAU, que la vie est comme une roue. La fin est le début.) (NDLR : on retrouve cette notion de Roue de la Fortune dans le troisième volume de la série THE DARK TOWER/ LA TOUR SOMBRE).

    Après plusieurs années passées dans un profond coma, Johnny ouvre les yeux sur un monde qui a changé. Le président n’est plus le même et sa petite amie s’est mariée.

    Mais quelque chose d’autre a changé : Johnny a le Pouvoir. Il peut voir l’avenir des gens par simple contact physique avec la personne en question. C’est alors qu’entre en jeu la question centrale du roman :

 » A-T’ON LE DROIT DE CHANGER L’AVENIR ? « 

    Johnny peut-il prendre la place de Dieu et décider le sort du monde ?

LE POUVOIR :

    A un moment précis du roman, Johnny demande au docteur Sam Weizak s’il aurait tué Hitler (ou au moins essayé de le faire), eut-il su que le monde entier entrerait en guerre. Cette question est l’essence même de l’histoire THE DEAD ZONE. Ce n’est pas la réponse à cette question qui importe mais la question elle même.
    Johnny Smith a UN Pouvoir. Il peut changer le futur… mais est-ce bien ? En a t’il le droit ?
    Mais Johnny Smith, bon américain, décide d’agir, oubliant ses propres intérêts, pour le bien-être des gens et pour la paix.

    Le thème du Pouvoir a été utilisé de nombreuse fois par Stephen King. On le retrouve ainsi dans des romans tels que CARRIE, THE SHINING/ L’ENFANT LUMIERE et FIRESTARTER/ CHARLIE.
    Dans CARRIE, le pouvoir est utilisé principalement sous l’emprise de la rage et de la volonté de se venger. Dans THE SHINING, le jeune Danny s’en sert pour se protéger. Pour ce qui est de Charlene Mc Gee dans FIRESTARTER, le pouvoir lui fait peur et elle a du mal à le contrôler.
    Johnny Smith, quant à lui, amorce le renversement du Pouvoir. Carrie, Danny et Charlie sont plus ou moins dépendant, et sous le contrôle, du pouvoir. Johnny décide de maîtriser la Pouvoir et l’utiliser pour apporter la paix.

LA RELIGION :

    Un autre thème très important dans ce roman est la religion. Je serai cependant très bref à ce sujet. Nous découvrons ici, après Magareth White dans Carrie, un autre genre de Bigote avec la mère de Johnny. Son influence est énorme.
    Margareth White est le symbole même de l’interprétation du blasphème et de la perte de foi. Elle est, sans aucun doute, celle qui apporte le chaos dans la ville Chamberlaine ainsi que le microcosme dans lequel Carrie évolue (école-famille).
    La mère de Johnny, quant à elle, représente un genre de bigoterie inoffensive qui lui simplement dictée par une foi profonde qui peut avoir aussi bien des bons que des mauvais côtés (bien que je pense que les mauvais côtés sont dominants). Mais, elle ne crée aucun problème aux gens qui la côtoient.
    Johnny (et son Pouvoir) peut, en ce qui le concerne, être comparé un Christ des temps modernes.
    L’un possède un Pouvoir, l’autre fait des miracles. Johnny meurt pour sauver l’humanité alors que le christ périt pour sauver le monde du péché.
    Tous les deux sont tués par d’autres êtres humains.
    Johnny et le Christ utilisent tous les deux leur Pouvoir pour le peuple, sachant que leurs actions les conduiront à une mort certaine.
    J’espère que vous n’interpréterez pas mes dires de façon négative. Je ne veux pas paraître blasphématoire envers ceux ou celles qui ont la foi. J’essaie simplement de dire que Stephen King a uniquement modernisé l’histoire du Christ transposant les actes (vieux de 2000 ans) de ce dernier à l’époque du dénommé John Smith, un homme comme tout le monde.
    Johnny sacrifie son existence, mais on peut se demander si cela est vraiment nécessaire. S’il y avait bien plus de John Smith sur notre planète, ce genre de sacrifice ne serait pas nécessaire.

SIGNIFICATIONS MORALES :

    Revenons à la question centrale : a t-on le droit de changer l’avenir ? Difficile de répondre.
    Johnny utilise son Pouvoir pour la paix dans le monde.
    Johnny paie de sa vie, en a t’il le droit ? Je continue à dire que je n’en sais rien. Tout ce que je peux dire, c’est que ne rien faire serait  » non assistance à personne en danger « . L’une des leçons que l’on peut tirer de THE DEAD ZONE est que même de simples hommes (et non pas des héros) peuvent changer le futur, mais aussi qu’aucun Hitler ou Stillson ne peuvent décider du destin des gens si les hommes unissent leur courage et leur amour… C’est ce qui a coûté la vie à Johnny Smith.
    Oui, c’est un droit de changer l’avenir. Si les leçons du passé nous le conseillent.

    Mais qu’est-ce que l’avenir ?

    Dans une interview réalisée en 1984 par Douglas E.Winter, Stephen King déclara :

     » Je voulais montrer que tout dépend du destin. Tout est histoire de chance et le destin et la chance ne font qu’un. Dire que rien n’est écrit ou que tout est tracé revient au même ! « 

    En ce qui me concerne, je pense plutôt qu’il n’y a pas d’avenir mais simplement la vie. Nous sommes tous des Pistoléros dans les Terres Perdues de la vie. Si nous pouvons nous souvenir du visage de nos pères, alors nous agissons pour le bien et seul cela compte !!!

LE FILM :

    Quelques mots sur le film. THE DEAD ZONE fut diffusé par Paramount en octobre 1983. La réalisation fut attribuée au canadien David Cronenberg, qui fit du livre de Stephen King un chef d’œuvre cinématographique.
    Jeffrey Boarn se charge du scénario. Johnny Smith, quant à lui, fut interprété par le non moins célèbre Christopher Walken.
    Stephen King en personne déclara que le film apportait un côté inexistant dans le roman dans la façon dont Johnny est impliqué dans ses visions. Contrairement au roman, Johnny Smith est présent activement dans chacune des visions, dans le film.
    Ce choix de Cronenberg fut excellent, et est sans doute la meilleure façon de nous faire comprendre l’importance du pouvoir. Nous pouvons alors mieux comprendre que Johnny vive le futur. Il peut le changer car il est présent.

1996 – Italie

(Traduction par Lou Van Hille)





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