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Interviews

Stephen King face au temps qui passe : ce que révèlent ses dernières interviews

Entre « Others Worlds Than These » (Talisman 3) et la série « Carrie » de Mike Flanagan, octobre a été un mois chargé en actualités de Stephen King : l’occasion de revenir sur ses récentes interviews dans lesquelles, il revient sur ses adieux à plusieurs personnages et parle ouvertement du temps qui passe. 

 

Stephenking Flanagan Cover
Mike Flanagan et Stephen King pour le New York Times

 

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Un peu prit par différentes choses, nous avions accumulé du retard sur le partage d’interviews de Stephen King.

A travers cet article, nous avons décidé de faire un synthèse de plusieurs de celles-ci en en ressortant les principaux thèmes, mais si vous voulez lire / écouter les interviews en questions, en anglais, voici celles qui nous ont servit de sources : 

– Locus : Stephen King : une histoire d’échos 
– USA Today : « Un grand soulagement » : Stephen King conclut deux saga de fantasy bien aimées avec son dernier livre
– Fangoria : La fin est là : Stephen King et Richard Chizmar conclut leurs trilogies (Richard Chizmar vient de sortir un nouveau livre autour de son boogeyman)
– Press Herald : Stephen King s’ouvre sur son nouveau roman et sur nouvelle la série « Carrie » 
– Simon & Schuster : une conversation entre Stephen King et Patton Oswalt, autour de Talisman 3
– Talking Scared : Stephen King en conversation avec le podcasteur Talking Scared
– New York Times Book Review : des décennies plus tard, Stephen King finit ce qu’il a commencé avec Peter Straub
– New York Times : Stephen King et son « chuchoteur » ressuscitent Carrie

 

  

 

Voici les grands thèmes qui ressortent de ces interviews et discussions : 

 

  • Peter Straub : bien plus qu’un collaborateur
  • La fin des grands univers : Jack Sawyer, Roland et le ka
  • Vieillir, mourir et savoir quand s’arrêter
  • Holly Gibney : l’autre grand adieu
  • La méthode King : intuition, assemblage et voix
  • Charles Starkweather : du fait divers à l’horreur cosmique
  • Carrie : pourquoi une histoire de 1974 demeure malgré tout pertinente
  • Mike Flanagan et la liberté des adaptations
  • L’horreur, l’humour et l’évolution du public

 

Photo De Stephen King Et Peter Straub

 

 

Peter Straub : bien plus qu’un collaborateur

 

 

Etant donné que ces interviews sont réalisées après la publication de « Other Worlds Than These », le troisième volet du Talisman que Stephen King et Peter Straub ont démarré il y a plus de 40 ans, il parait évident que c’est le sujet qui revient le plus dans ces interviews. 

Mais ce roman apparait également comm une manière de prolonger une amitiée interrompue par la mort. Stephen King admirait Peter Straub avant leur collaboration, évoquant à Talking Scared ses premières lectures de ses romans, « Julia », « If You Could See Me Now » et « Ghost Story ».

Leur collaboration reposaot sur une collaboration complète : chacun pouvait écrire, reprendre ou modifier les passages de l’autre. Au point de rendre difficile, après la publication, l’identification difficile de savoir qui avait écrit quoi. Leur équilibre évoluait aussi selon les livres. Si Stephen King avait principalement dirigé « Le Talisman« , ce fut l’inverse pour « Territoires » (Black House) dans lequel Peter Straub bien que la seconde partie du roman soit directement liée à « La Tour Sombre » donc l’univers de Stephen King.

Pour le troisième kivre « Other Worlds Than These », c’était une histoire inachevée car un projet existait depuis longtemps et Peter Straub avait proposé d’utiliser le tueur Charles Starkweather (qui les avait tous les deux fascinés, enfant) comme inspiration pour un personnage et l’intrigue. Ce que Stephen King repris pour ce troisième roman que Stephen King a écrit seul, avec en accompagnement les notes que Peter Straub lui avait laissé. Il s’est efforcé de retrouver la voix de Peter, en relisant certains de ses livres. Mais il ne s’agissait pas simplement de lui rendre hommage mais de préserver quelque chose de leur identité littéraire commune. 

Dans l’intervew avec Locus, Stephen King exprime l’idée poignante du regret du temps perdu : « On pense toujours qu’on aura le temps. Mais Peter n’en a plus eu ».
Stephen King ne termine pas seulement un récit, il acccomplit un projet qu’il avait remis à plus tard jusqu’à ce que son ami ne puisse plus y participer.

 

>>> Découvrez notre article sur une interview « perdue » de 1984 avec Stephen King et Peter Straub, réapparue il y a quelques années 

 

 

 

Jacksawyer Stephenking Talisman

 

 

La fin des grands univers : Jack Sawyer, Roland et le ka

 

 

Stephen King présente comme « Other Worlds Than These » (Talisman 3) comme le dernier volume des aventures de Jack Sawyer, mais aussi une ambition qui va plus loin : ce roman apporte également une forme de conclusion à l’univers de « La Tour Sombre ». Ce qu’il avait également exprimé lors d’interviews avant la sortie.

 

Ce qui ne signifie pas qu’il efface ou remplace la fin du cycle de Roland, mais plutot qu’il referme certains éléments restés ouverts et à relier les deux éléments narratifs.
Dans l’interview de Locus, King admet que Jack Sawyer apparait comme un écho de Roland Deschain.

 

Mais les univers du Talisman et de La Tour Sombre n’étaient pas initialement liés.

C’est un point évoqué dans l’interview de Fangoria : les Territoires du Talisman et l’Entre-Deux-Mondes de La Tour sombre n’avaient pas été imaginés dès le départ comme un seul univers. Et cela parait logique puisque le premier roman du « Talisman » a été publié en 1984 tandis que le second roman de « La Tour Sombre« , intitulé « Les Trois Cartes » ne sera pas publié avant 1987.

Le rapprochement s’est donc fait progressivement, surtout avec « Territoires » (Black House), publié en 2001, soit avant que Stephen King ne se décide de réviser les premiers romans et de sortir les tomes 5-6-7 de « La Tour Sombre » en 2004.

Cela est typique de la méthode d’écriture de Stephen King : ne pas écrire avec une architecture et une structure entièrement planifiée, mais plutôt se laisser porter par l’histoire et ce qu’elle raconte au fil de l’écriture.

 

Plusieurs entretiens reviennent sur la notion de Ka, cette force associée au destin et à la répétition

Stephen King développe une vision assez pessimiste de la capacité humaine d’apprendre de l’histoire, voyant que les mêmes comportements, les memes erreurs et les memes violences semblent se reproduire.

Une fin découverte plutôt que programmée

Dans l’interview avec USA Today, Stephen King qu’il n’avait pas déterminée à l’avance la conclusion exacte du roman. Il l’a découverte alors qu’il avait écrit les trois quarts du livre. Mais, cela va plus loin puisque dans les notes accompagnant le roman « Other Worlds Than These » Stephen King déclaré que c’est sa femme Tabitha qui lui a suggéré une autre fin. « Je la remercie d’être aussi persistente. Je ne pourrais pas le faire sans toi, ma cher »

 

 

 

 

Stephenking Vieillir Photo

 

 

Vieillir, mourir et savoir quand s’arrêter d’écrire

 

C’est un thème que l’on ressent de plus en plus dans les derniers livres de Stephen King, ainsi que son actualité et ses interviews. Par exemple, côté actualités, on sent qu’il cherche à mettre de l’ordre dans ses affaires : par exemple en arrêtant le programme des dollars babies (au grand bonheur de son comptable et de ses agents de droits) qui étaient portés par son assistante Marsha partie à la retraite; en terminant plusieurs projets reportés depuis plusieurs années ; encore en récupérant les droits de plusieurs oeuvres et films ; ou encore en vendant les chaines radios qu’il détenait depuis les années 80s même si elles n’étaient pas financièrement rentables.

Difficile de ne pas penser à une personne qui range tranquillement son bureau avant de partir et de quitter l’entreprise.

Et difficile de le blamer, puisqu’à l’âge de 79 ans, Stephen King voit, depuis plusieurs années, un certain nombre d’amis partir autour de lui. Il cherche donc indéniablement à ranger ses affaires, et, arrêter ou non d’écrire.

 

Même si on a du mal à penser que, après 50 ans d’écriture, il arrêtera complètement d’écrire. Surtout qu’il a dit a maintes reprises vouloir prendre sa retraite.

Personnellement on pense plutôt qu’il continuera à écrire, quitte à ce que ce ne soit pas publier (ce que son éditeur cherchera à faire, pour continuer à bénéficier de la rente financière associée), tant qu’il aura la capacité mentale de pouvoir écrire. Car il l’a dit de nombreuses fois, sa crainte est alzheimer et de perdre sa tête. Et il le dit dans la discussion avec Oswalt Patton : il a peur de continuer à publier ses écrits si la qualité de son travail déclinerai au point que ses lecteurs regrertteraient l’écrivain qu’il était auparavant. 
Ce qui n’est donc pas nécessairement une peur de la mort ou de la retraite, mais une exigence artistique et de sa santé mentale. Il semble donc davantage dans l’idée de choisir ses derniers projets et réfléchir à ce qu’il souhaite laisser derrière lui.

 

En attendant, lors de la discussion avec Talking Scared (mais aussi évoquée au New York Times) il a malgré tout évoqué son souhait de ne pas finir comme Rudyard Kipling à savoir mourir à son bureau, et avoir davantage envie de jouer de la guitare et peut-être même retrouver ses amis de son super groupe des Rock Bottom Remainders.

 

 

 

Stephenking Mr Mercedes Holly2

 

 

Holly Gibney : l’autre grand adieu

 

Si Stephen King vient de mettre un point d’honneur à conclure les sagas du Talisman et en quelque sorte de l’univers de « La Tour Sombre« , Stephen King évoque également qu’il est en train de préparer un dernier roman consacré à Holly Gibney. Un personnage dont il est tombé amoureux durant l’écriture de « Mr Mercedes » et qu’il a porté sur plusieurs histoires depuis.

La décision de mettre fin à ses aventures,  à travers le prochain roman qu’il est en train d’éditer « Anything for Holly » (prévu pour 2027) semble lui provoquer une vértiable nostalgie et le rend triste.
Car c’est un personnage qu’il a évoqué pendant plus d’une décennie à travers près d’une dizaine (pas tout à fait) d’histoires et livres.

 

 

 

Stephenking Portrait Effrayant

 

La méthode King : intuition, assemblage et voix

 

L’ensemble des entretiens redonnent de la  visibilité sur le processus créatif de Stephen King, qui écrit sans plan clair : il se base et se laisse porter par la découverte, et s’oppose clairement à la méthode d’écrivains qui disent connaitre ouvertement la fin de leurs histoires avant de commencer. Même pour un livre chargé de fermer deux ensembles narratifs (comprendre « Other Worlds Than These« ) il est avant tout partit sans plan et s’est laissé porté par les personnages et les possbilité  de l’histoire. 

Dans la discussion avec Locus il évoque assembler des idées : il conserve des images, des situations ou des inspirations jusqu’à ce qu’elles puissent se combiner dans son esprit.

Comme le cas de Charles Starkweahter, figure criminelle qui le fascine depuis son enfance qui trouve finalement sa place dans une histoire de mondes parallèles et de forces cosmiques.

 

Une de ses autres sources d’inspiratuons, par exemple est le roman de SF « The Three Suns of Amara » de William F. Temple (inédit en français) dont l’originalité réside essentiellement ands la rencontre d’idées qui ne sont pas nécessairement destinées à cohabiter. 

 

Concernant « Other Worlds Than These« , une des difficultés de Stephen King était de retrouver le style et la voix de Peter Straub.
Ce qui ne lui était pas entièrement nouveau parce qu’ils avaient échangé leurs voix littéraires lors des livres précédents. Mais, ici,  l’exercice changeait de nature après la disparition de Peter. Il n’était donc plus possible de dialoguer avec un partenaire vivant, mais avait besoin de récréer une voix absente. 

 

 

Stephenking Charles Starkweather Talisman3

 

Charles Starkweather : du fait divers à l’horreur cosmique

 

Lors des différentes interviews Stephen King explique qu’il suivait déjà l’affaire Starkweather lorsqu’il était enfant, en conservant des coupures de presse au sujet de ces crimes. Ce qui montre à quel point cette figure s’est inscrite durablement dans son imaginaire.

Peter Straub lui avait envoyé un livre, « Redheaded Peckerwoods », un livre photographique autour de Starkweather et de son environnement et lui avait proposé d’utiliser cela comme matière pour le troisième roman.
Et justement, chez USA Today, Stephen King rappelle que Starkweather a influencé différentes œuvres culturelles, notamment le cinéma et le chanteur Bruce Springsteen via sa chanson Nebraska.

 

Stephen King semblait particulièrement fasciné par le contraste entre l’ampleur de la violence de Starkweather et le caractère relativement ordinaire de l’homme.
Si dans ses récits, le mal de Stephen King peut-être surnaturel, immense et cosmique, il peut également prendre la forme d’un individu banal, capable de commettre des actes terribles. L’idée même derrière le roman « L’outsider » pour quel Stephen King avait exprimé cette fascination de l’origine parfois extérieure du Mal. Et donc de relier les horreurs du monde réel à celles de ses univers fantastiques.

 

 

 

Carrie De Palma

 

 

Carrie : pourquoi une histoire de 1974 demeure malgré tout pertinente

 

La nouvelle série « Carrie », portée par Mike Flanagan est arrivée début octobre sur Amazon Prime Video.  Et a depuis été renouvelée pour une seconde saison.

Mais, comme King l’avait initialement dit lors de l’annonce de la série, s’il était au premier abord réticent sur une nouvelle adaptation, il a finalement été séduit la proposition de modernisation de Mike Flanagan pour cette histoire qui, malgré qu’elle ait été écrite dans les années 70, demeure malgré tout pertinente de nos jours. Car le harcèlement demeure un fléau contemporain… qui a juste viré de bord et se joue dorénavant sur les réseaux sociaux.

 

Pour Stephen King et Mike Flanagan, « Carrie » parle avant tout de cruauté.

Si le roman de 1974 décrivait le harcèlement d’une adolescente isolée, la série de 2026 transpose cette violence dans un environnement dominé par les smartphones, les réseaux sociaux et la diffusion publique de l’humiliation. Flanagan considère que les nouvelles technologies peuvent encourager ou récompenser certains comportements cruels.

La série développe également l’environnement familial de Carrie. Mike Flanagan explique qu’il souhaite explorer l’enfermement idéologique sans réduire l’histoire à une opposition simpliste entre deux camps politiques.
Ainsi, le thème central reste la difficulté à distinguer le vrai du faux et à reconnaître l’humanité d’autrui.

 

Dans la série de Flanagan, Carrie n’est pas immédiatement présentée comme une adolescente terrorisée. Elle est initialement curieuse et ouverte au monde, ce qui rendre la rencontre de cette innocence avec la cruauté extérieure d’autant plus violente. Si Mike Flanagan conserve les scènes emblématiques du roman, il modifie la trajectoire psychologique du personnage.

 

Dans les interviews, Stephen King admet ne plus penser énormément à « Carrie« , qu’il considère comme un livre de débutant.

Néanmoins ce roman a changé sa vie.  Tabitha a sauvé les premières pages de la poubelle, l’a encouragé à poursuivre l’écriture et l’a aidé à écrire certains aspects du personnages.
Ensuite, si le contrat initial avec Doubleday a quand même été une grande étape, c’est avant tout la vente des droits de poche qui a tout chamboulé, lui permettant de quitter l’enseignement pour se consacrer pleinement à l’écriture qui était sa passion de toujours. 

 

 

Stephenking Flanagan Cover

 

Mike Flanagan et la liberté des adaptations

 

La question du rapport de Stephen King aux adaptations est l’un des thèmes les plus intéressants de l’entretien avec le New York Times.

L’auteur surnomme Mike Flanagan comme étant le « chuchoteur » du King. Stephen King explique qu’il a le droit de désapprouver les adaptations, mais qu’il n’a pratiquement pas le besoin de l’utiliser avec Flanagan, avec qui il a une confiance plutôt remarquable d’autant que le réalisateur ne cherche pas à reproduire servilement ses histoires.

Flanagan modifie certains personnages, actualise les thèmes et développe de nouvellels intrigues. Mais pour lui, l’enjeu consiste à identifier ce qui fait fondamentalement Carrie (dans le cadre de cette nouvelle série) une histoire de Carrie. Les scènes emblématiques sont donc les vestiaires, le bal et le sang de porc. Mais le chemin pour y arriver peut changer.

 

Stephen King accepte cette distinction entre la fidélité à l’esprit et la fidélité littérale.  

 

Dans les interviews Stephen King liste plusieurs adaptations qu’il apprécie : notamment le film « Misery » (du défunt Rob Reiner, avec Kathy Bates), le téléfilm « Le Fléau » (avec Mick Garris) ou le film « Carrie » (de Brian de Palma). Il maintient en revanche son désaccord avec le film « Shining » de Stanley Kubrick, même s’il a évoqué à maintes reprises en interview que le film « Doctor Sleep » (de Mike Flanagan) l’avait en quelques sortes réconcilié avec ce film puisque le film de Flanagan jonglait sur la corde entre être une adaptation du roman éponyme qui est une suite au roman « Shining » de King et être une suite au film « Shining » de Kubrick (je vous ai perdu? ^^ )

 

De son côté Mike Flanagan, cite les films « Les Evadés » et « Stand By Me » comme étant ses adaptations préférées, insistant sur l’espoir et la dimension humaine traversant les histoires de Stephen King

 

Et c’est peut-être là l’un des éléments expliquant entente artistique : Mike Flanagan semble accorder autant d’importance à l’émotion qu’à l’horreur.

 

 

Stephen King Bouh Fair Peur

 

L’horreur, l’humour et l’évolution du public

 

Dans certaines des interviews nous pouvons apercevoir que l’humour et l’horreur sont intimement liés. 

Dans la conversation avec Patton Oswalt, Stephen King évoque que le personnage de Payton Orville est directement inspiré du comédien. Leurs échanges portent sur le standup, les artistes itinérants et la possibilité de donner une destinée héroïque à un personnage comique.

Ce qui rappelle que l’humour n’est pas étranger à l’univers de Stephen King. Par exemple, comme dans le film « Creepshow » de George Romero, faisant écho aux EC Comics.
Stephen King arrive à renforcer l’attachement aux personnages et rendre les événements tragiques plus marquants, car c’est justement une des forces de l’horreur : s’attacher aux personnages pour rendre, leurs souffranres et difficultés plus tragiques, plus vivantes.

King et Oswalt discutent de l’évolution des sensibilités : certaines oeuvres autrefois considérées comme terrifiantes provoquent désormais le rire chez les jeunes spectateurs. Ce qu’Oswalt évoquait, l’année dernière, dans le documentaiure « Chain Reactions » abordant l’héritage du film « Massacre à la tronçonneuse », expliquant avoir été complètement terrifié par ce film à l’époque mais que, sa fille (ou nièce) se marrait au contraire par les scènes du film.

Cette réflexion rejoint la nouvelle adaptation de « Carrie » : le harcèlement scolaire reste un sujet contemporain, mais les formes ont changé.
Pour continuer à toucher le public, l’horreur doit donc parfois modifier ses images, ses situations et ses mécanismes.

 

 

 

Stephenking Vieillir

 

 

Conclusion générale

 

Le fil rouge de ces interviews semble être le rapport de Stephen Kingau temps. 

 

Le temps qu’il a passé à écrire.
Le temps qu’il croyait encore avoir avec Peter Straub.
Le temps qui sépare Carrie de sa nouvelle adaptation.
Le temps nécessaire pour apporter des conclusion aux saga de « Le Talisman » et de « La Tour sombre ». Et, désormais, le temps qui lui reste pour raconter de nouvelles histoires.

 

Stephen King ne semble pas chercher à écrire le dernier mot de toute son oeuvre. Mais, préoccupé par le temps qui passe et à voir ses amis partir, il semble surtout chercher à ne pas laisser certains mots essentiels ne pas être écrits. Et c’est peut-être la différence la plus importante entre terminer ses histoires et cesser d’être écrivain.

 

 

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