Stephen King et Joe Hill étaient récemment les invités du podcast « The Last Podcast on the Left » pour parler, à l’occasion de la fête des pères, de famille, de la peur et du commerce des cauchemars.
Explications et traduction :


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Si vous êtes ici, vous aurez bien entendu compris que le nom du podcast « The Last Podcast on the Left » joue avec le titre d’un film d’horreur de Wes Craven, car cette émission de podcasts est dédiée à tout ce qui touche l’horreur, et plus spécifiquement les films d’horreur.
Dans cet épisode spécial Stephen King et Joe Hill, il y est essentiellement question de la peur, de la famille, de la créativité et sources d’inspiration, ainsi que du commerce de l’horreur. Dans les grandes lignes, les sujets abordés sont :
- Joe Hill : grandir avec Stephen King comme père
- Pourquoi Joe Hill a choisi un autre nom
- La philosophie de Stephen King sur l’écriture
- D’où viennent les idées ?
- L’horreur ne parle pas vraiment de monstres
- La famille nourrit la créativité
- L’humour est essentiel… même dans l’horreur
- Comment Stephen King reste aussi productif
- Les conseils qu’ils donnent aux écrivains
- La relation entre le père et le fils
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Ce qui suit n’est pas une retranscription et traduction exhaustive de la discussion, mais plutôt une synthèse des principaux éléments. Si vous voulez écouter l’intégralité du podcast, bien entendu en anglais, à le faire via ce lien.
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Joe Hill : grandir avec Stephen King comme père
L’un des passages les plus intéressants de l’épisode est lorsque Joe Hill raconte ce que cela représentait réellement pour lui que de grandir avec Stephen King.
Pour lui, Stephen King n’était pas « Stephen King, la légende de la littérature », mais simplement son père : un homme qui travaillait tous les jours, quelqu’un qui prenait son métier d’écrivain très au sérieux et un père présent pour sa famille.
Joe explique que voir l’écriture comme un métier normal lui a retiré une grande partie de son mystère. Il n’a jamais considéré les écrivains comme des êtres exceptionnels ou inspirés par une sorte de magie. À ses yeux, ils sont simplement des personnes qui s’assoient à leur bureau et font leur travail.
C’est une leçon qu’il conserve encore aujourd’hui.
L’écriture n’est pas une affaire d’inspiration, mais un métier qui récompense la régularité.
Joe Hill a choisi un autre nom pour prouver qu’il pouvait réussir seul
Joe explique pourquoi il a publié sous le nom de Joe Hill plutôt que Joe King, et que ses motivations étaient très claires :
– permettre aux lecteurs de juger ses livres pour eux-mêmes
– laisser les éditeurs accepter ou refuser ses manuscrits sans préjugés,
– vérifier qu’il pouvait réussir par ses propres moyens
– prouver que son travail reposait sur la qualité et pas juste sur son nom.
Stephen King respecte profondément ce choix et ne laisse jamais entendre que son fils aurait dû profiter de la notoriété de son nom.
Aujourd’hui, tout le monde sait qu’ils sont père et fils, mais il était essentiel pour Joe d’avoir construit sa carrière de manière indépendante.
La philosophie de Stephen King sur l’écriture
Stephen King reprend plusieurs idées qu’il défend depuis le début de sa carrière. La plus importante est très simple : écrivez tous les jours.
N’attendez pas que l’inspiration arrive.
À la place, il recommande de s’asseoir, et décrire. Et l’inspiration viendra souvent pendant que l’on est déjà au travail.
Il compare l’écriture à un entraînement physique plutôt qu’à un éclair de génie qui tomberait du ciel.

D’où viennent les idées ?
Ni Stephen King ni Joe Hill ne pensent qu’il existe une recette toute faite pour trouver une bonne histoire. Le plus souvent, tout commence par quelque chose de très simple : une image intriguante qyu refuse de quitter l’esprit, à laquelle s’ajoutent une question obsédante, une situation inhabituelle, un conflit émotionnel.
Ils aiment partir d’une interrogation du type : « Que se passerait-il si… ? »
Ils privilégient la curiosité plutôt que la planification minutieuse.
Stephen explique même qu’il découvre très souvent son histoire pendant qu’il l’écrit, plutôt qu’avant de commencer. Aucun des deux auteurs ne commencent un roman avec un plan très détaillé, mais se laissent généralement plutôt portés par l’histoire. Et l’horreur fonctionne parce qu’elle est émotionnellement sincère.
L’horreur ne parle pas vraiment de monstres
L’une des discussions les plus intéressantes de l’épisode porte sur la véritable nature de l’horreur.
Selon eux, les monstres ne sont presque jamais le véritable sujet.
L’horreur explore avant tout des émotions profondément humaines : devenir parent, le deuil, la culpabilité et la honte, la solitude, les addictions, les conflits familiaux, la perte d’un être cher.
Les fantômes, vampires et autres créatures surnaturelles ne sont finalement que des métaphores de nos peurs les plus ordinaires et permettant de donner une forme concrète à ces émotions.
Stephen King explique que les lecteurs ne viennent pas réellement chercher des monstres… mais plutôt des émotions auxquelles ils peuvent s’identifier.
![[stephen king family]](https://club-stephenking.fr/wp-content/uploads/images/NEWS/fevrier/2014/stephenking-family.jpg)
La famille nourrit la créativité
Un thème revient plusieurs fois au cours de la conversation : les familles racontent naturellement des histoires. Stephen King explique que raconter des histoires faisait partie de leur quotidien.
Joe Hill confirme que grandir entouré de livres a profondément influencé sa manière de voir le monde.
Ce n’est pas parce qu’on lui a demandé de devenir écrivain.
C’est simplement parce que les histoires étaient partout autour de lui.
L’entretien montre que la créativité se nourrit autant de l’environnement dans lequel on grandit que du talent lui-même.
![[picture - Stephen King scares you]](https://club-stephenking.fr/wp-content/uploads/images/NEWS/novembre/2013/photos/StephenKingRrrr_scary.jpg)
L’humour est essentiel… même dans l’horreur
Beaucoup de personnes sont surprises de découvrir à quel point Stephen King et Joe Hill sont drôles.
Ils expliquent que l’humour et l’horreur reposent sur des mécanismes très proches : le sens du rythme, la surprise, la montée de la tension, le relâchement de cette tension.
Une scène effrayante suivie d’une plaisanterie peut renforcer aussi bien le rire que la peur.

Comment Stephen King reste aussi productif
Les animateurs lui demandent comment il a pu écrire autant pendant plus de cinquante ans. Et sa réponse est étonnamment simple : lire, écrire, être curieux et ne pas chercher la perfection.
Il ne parle jamais de méthodes compliquées d’organisation ou de productivité.
Pour lui, tout repose essentiellement sur les habitudes.

Les conseils qu’ils donnent aux écrivains
Au fil de la conversation, plusieurs conseils reviennent régulièrement :
– lire constamment
– écrire avec régularité
– ne pas attendre que son travail paraisse parfait
– aller au bout des projets
– accepter qu’un premier jet soit imparfait.
– et comprendre que la véritable écriture se fait souvent au moment de la réécriture.
Joe Hill partage exactement cette philosophie, preuve que, malgré sa propre personnalité d’auteur, il a hérité de nombreuses habitudes de travail de son père.
Lire est aussi important qu’écrire
Stephen King et Joe Hill insistent tous les deux sur un point essentiel : les grands écrivains sont avant tout de grands lecteurs.
Lire permet notamment de :
– découvrir des styles très différents,
– développer naturellement le sens du rythme et de la narration,
– affiner son intuition du récit,
– élargir son imagination et sa vision de ce qu’il est possible d’écrire.
Selon eux, il est impossible de progresser véritablement en restant isolé de la littérature des autres.
Un premier jet n’a pas vocation à être parfait
Même s’ils parlent peu de techniques de réécriture, Stephen Kinget Joe Hill partagent une conviction commune : le perfectionnisme est l’un des principaux ennemis de l’écrivain.
L’objectif du premier jet est avant tout de terminer l’histoire.
es corrections viendront ensuite.
Beaucoup d’auteurs restent bloqués parce qu’ils veulent perfectionner la première page avant même d’avoir écrit la deuxième.
Leur philosophie est exactement inverse.
Terminer d’abord.
Améliorer ensuite.

La relation entre le père et le fils
L’aspect le plus touchant de cet épisode est sans doute la manière très naturelle dont Stephen King et Joe Hill interagissent. Chacun avec une admiration réciproque.
Stephen parle de la réussite de son fils avec une immense fierté, sans jamais chercher à occuper toute la place.
Joe, de son côté, parle de son père avec beaucoup de respect, mais sans intimidation.
Au final, on oublie presque qu’il s’agit d’un père et de son fils.
On a plutôt l’impression d’écouter deux écrivains expérimentés qui ont également la chance d’appartenir à la même famille.

Les idées à retenir
S’il ne faut retenir que quelques enseignements de cet épisode :
- L’écriture repose sur la régularité bien plus que sur l’inspiration
- Les meilleures histoires d’horreur parlent avant tout d’émotions humaines universelles
- Lire énormément est indispensable pour progresser comme écrivain
- Les auteurs doivent rester curieux et laisser les histoires se développer à partir de questions simples mais suffisamment fortes pour donner envie d’en découvrir les réponses
- Joe Hill a volontairement construit sa carrière seul avant de révéler son lien de parenté avec Stephen King
- La créativité s’épanouit dans un environnement où raconter des histoires fait naturellement partie de la vie quotidienne.
Au fond, le message de Stephen King et Joe Hill est avant tout aue les grandes histoires ne naissent pas forcément d’idées extraordinaires, mais d’un travail patient, d’une curiosité constante et d’une profonde attention portée aux personnages et aux émotions humaines.
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