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Interview : Stephen King évoque l’origine du livre « Simetierre » et ce qu’il pense des films

Fin mars, juste avant la sortie américaine du nouveau film « Simetierre », le site internet d’Entertainment Weekly a partagé une (longue) interview de Stephen King

Au programme de cet échange que nous vous traduisons ci-dessous, des confidences de l’auteur sur l’origine de son livre « Simetierre », qu’il considère comme son roman le plus perturbant, les raisons pour lesquelles il l’a fait publié alors qu’il était initialement contre, ainsi que son avis sur le nouveau film.

 

Stephenking Interview Entertainment Weekly Simetierre Petsematary

 

 

ENTERTAINMENT WEEKLY: Il y a un mythe autour du livre « Simetierre » comme quoi il était trop terrifiant pour être publié. Est-ce que c’est un coup de pub ou y a t’il du vrai là-dedans?
STEPHEN KING:
 [Rires] Non, c’est vrai. Je l’écoutais l’année dernière en Floride, en marchant sur la plage avec le chien (Molly, le corgi de Stephen King, ndt). Michael C. Hall (de « Dexter » et « Six Feet Under » a fait la version audio. J’étais curieux de l’écouter. Vous savez, je ne l’avais pas lu depuis 20 ou 25 ans. Je l’ai écouté, et me suis dit « Mon dieu, c’est juste horrible. C’est aussi sombre qu’il pouvait l’être »

Est-ce que c’était votre ressenti en l’écrivant?
Je m’étais beaucoup amusé en l’écrivant, jusqu’à ce que je le termine. Quand je l’ai relu, je me suis dit, « C’est affreux. C’est vraiment absolument terrible ». Non pas qu’il soit mal écrit, pas nécessairement. Mais toute cette histoire au sujet de la mort d’enfants. C’était proche de moi, parce mes enfants vivaient sur cette route.

Quoi d’autre du livre provient de votre propre vie? Y avait-il un vrai cimetière, avec la faute d’orthographe, dans les bois, n’est-ce pas?
Nous avions déménagé dans une petite ville appelée Orrington, parce que j’avais un boulot en tant qu’auteur en résidence à l’université du Maine. Nous louins cette jolie petite maison aux abords d’une rivière, et il y avait un cimetière pour animaux derrière. Il y avait un petit chemin qui y menait et que les enfants entretenaient. Ils ne portaient pas ces masques, vous savez, avec le nez croché et tout ça. (Rires). Mais c’était là, et c’était un joli endroit.

Pour redonner un peu de contexte, l’histoire est celle de votre fils Owen (maintenant un auteur publié, notamment des livres « Double Feature », « Intro to Alien Invasion » et « Sleeping Beauties » co-écrit avec Stephen King), qui vous a foutu les jetons en se promenant un peu trop près d’une route avec beaucoup de passage. Et votre famille a réellement perdu un de vos animaux de compagnie de cette route, n’est-ce pas?
Le chat de ma fille (Naomi, ndt) est décédé. Et nous l’avons enterré dans le cimetière à animaux. Il s’appelait Smucky. Elle a fait une petite croix et a dit « Smucky, il était obéissant. » Et c’était un chat. Il n’était donc absolument pas obéissant! (Rires). Mais elle aimait ce chat.

 

Simetierre Photo 01

 

Smucky a été intégré à la fois dans le livre et dans les films. Cette ombe se retrouve dans tous. Votre fille aurait eu environ 9 ou 10 à l’époque. Comment a t’elle pris cette perte?
Cette nuit-là, après l’avoir enterré, nous l’avons entendu dans le garage. Elle sautait sur ces papiers à bulle qui entourrent ces trucs fragiles. Elle criait « Dieu ne peut pas avoir mon chat. Ce chat c’est le mien!… Il peut avoir son chat à lui. » Et j’ai intégré cela au lire, et oui, nous étions dans un champs, il y avait une route très fréquentée (quand Owen s’en ai un peu trop approcher). Tout ce qui est dans le livre, jusqu’à ce qu’il y a des éléments surnaturels, sont arrivés.

Quand est-ce que l’idée du livre vous ai venue? 
C’est quand j’ai entendu Naomi se comporter ainsi que j’ai eu l’idée. Et quand j’ai une idée, je me dis simplement « Oh, c’est le truc le plus génial, est-ce que ça ne serait pas sympas? » Et tout vient de ça. Je me suis dit « Et bien, que se passerai t’il si tu avais enterré des trucs dans le cimetière pour animaux et qu’ils revenaient? » 

Mais vous avez imaginé un autre cimetière encore plus ancien, plus loin dans les bois, un qui ramène les morts. Je me suis toujours demandé pourquoi vous l’avez séparé plutôt que ce soit le cimetière pour animaux qui redonne la vie?
J’ai pensé que je ne pouvais pas le faire, sinon ils reviendraient tous. Mais si il y avait un autre cimetière, un peu plus loin? Et j’ai lu des livres au sujet du Wendigo (un esprit indien qui possède les gens et qui les pousse au cannibalisme), et je l’ai en quelque sorte intégré.

Mais certaines parties (du livre) vous ont poussé à retarder la publication, pourquoi est-ce qu’elles vous dérangaient?
Les enfants passaient beaucoup de temps à la maison…Il suffisait d’aller au cimetière pour se rendre compte de ce que la route faisait. Vous savez, ce n’était pas compliqué à comprendre (ce qu’il pourrait se passer, ndt).

Y avait-il un véritable Jud Crandall, un ancien dont vous étiez proche?
Il y avait un type de l’autre côté de la route, et c’était lui. Les enfants étaient dehors, quelque part, et c’est lui qui est venu, et qui a dit « Vous avez un problème avec le chat de votre fille. » Nous sommes allez voir et nous avons vu Smucky, sur le côté de la route. Il n’étais pas en mauvais état, il semblait aller. Mais il était juste… mort.

Et qu’avez-vous fait ensuite? 
Je me rappelle avoir eu une discussion avec ma femme (Tabitha King) au sujet de ce que nous allions dire à Naomi. La discussion se trouve dans le livre. Faut-il dire que le chat est parti, qu’il vagabonde…? Ou faut-il en profiter pour éduquer l’enfant sur la mort? Nous avons décidé de dire la vérité, dont je demeure convaincu que c’était la bonne chose à faire. Je déteste les films et séries où les petits enfants demandent aux adultes « Est-ce que tout va bien se passer? » Et les adultes répondent, « Bien sur. Tout va bien se passer! » Je n’aime pas cela. Ce n’est pas la vérité. Il ne faudrait pas mentir aux enfants.

 

Simetierre Photo 08

 

Parfois, il faut affronter ce qu’il y a de pire. Je pense que c’est ce que fait l’horreur. Elle vous fait descendre au sous-sol et dire « Qu’y a t’il dans la pénombre? Qu’y a t’il en bas? Confrontons ce qui nous fait peur ».
C’est vrai. Mais en fin de compte, rappelez-vous que Louis ne pouvait pas accepter le pire. Il a cette option, et il choisi la mauvaise. N’importe qui saurait qu’on ne peut pas enterrer un enfant et s’attendre à ce qu’il revienne, semblable à ce qu’il était avant.

J’ai l’impression que « Simetierre » a un sens. Au-delà de juste faire peur, il explore ce qu’est c’est que de perdre quelqu’un, surtout une personne très jeune quand on est parent. Il transmet de l’émotion.
Il y a un sens. Par là je veux dire que la phrase « Parfois, il y a pire que la mort » ne parle pas de suicide ou de quoi que ce soit de ce genre.

Non…
C’est au sujet de quiconque qui a déjà dû faire affaire avec une maladie persistente ou un proche qui ne veut pas laisser tomber. Parfois le désir de vivre est quelque chose de biologique, et c’est mieux quand c’est fini. Tout le monde, vraiment tout le monde, doit faire face à ça, vous savez?
On y passe avec les parents, les grands-parents, et à un moment, il faut juste l’accepter, c’est tout.

Et il y a ce désir de retourner dans le passé, aussi. Lorsque l’on perd quelqu’un, on passe par un sentiment de « Ils étaient juste là. Ils étaient là hier. Ils étaient là la semaine dernière. » On ressent ce désir ardent : est-ce qu’ils ne pourraient pas simplement revenir?
C’est l’autre chose au sujet de « Simetierre ». Quand je l’ai relu, je me suis dit « Il y a tellement de chagrin dans ce lire ». C’est juste horrible.

 

 

La publication du livre « Simetierre », en 1983 

 

Petsematary Simetierre Lelivrede Stephenking

Est-ce vrai que la seule raison qui vous a fait pousser à publier « Simetierre » était pour mettre fin à un contrat littéraire?
C’est ce qui s’est passé! C’est la raison pour laquelle j’ai publié le livre. Sinon, il serait toujours dans un tiroir, quelque part.

Comment est-ce que cela s’est déroulé?
Nous avions signé cette mer… chose avec Doubleday. Le Doubleday de l’époque. C’était quelque chose qui s’appelait le Plan Investissement d’Auteur, et l’idée était que « Nous vous paierons 50 000 dollars par an, et vous n’aurez pas à payer d’impôts supplémentaires. » Et pour un couple de jeunes, $50 000, cela représente le monde. C’est beaucoup d’argent.

Ce fut à la fin des années 70s, est-ce correct? 
Oui, c’était en réalité au milieu des années 70s, juste après « Carrie » et « Salem« . Et en gros, Doubleday voulait rester sur cette rémunération. A un moment j’ai même posé la question « Et bien, qui récupère les intérêts sur cet argent? » Il y a eu une longue, longue pause, et mon éditeur de l’époque, Bill Thompson, a répondu : « Et bien, c’est Doubleday, parce qu’ils gèrent la comptabilité. Mais l’argent s’assumulait.

Ce n’est pas qu’une histoire de royalties sur les publications des livres « Carrie » et « Salem », mais aussi sur « Shining », le recueil « Danse Macabre » et « Le Fléau ». Ca représente beaucoup de bestsellers.
Pour la faire court, je suis parti chez Viking, qui ont publié « Dead Zone« , « Cujo« , « Charlie » et « Différentes Saisons« . Arthur Green, mon agent et avocat, est venu me voir en me disant, « Vous savez, le contrat avec Doubleday court toujours. » Et à l’époque je faisais beaucoup d’argent! Je me suis dit que « Doubleday pouvait aller se faire foutre! ». Je ne veux même pas en parler. Ils m’ont bien utilisé.

D’accord.
C’était de l’extraction. Mais bon, Arthur m’a dit, « Si tu meurres, les impots vont ruiner ta famille, parce qu’ils affirmeront que tout l’argent se trouvant dans le fond d’investissement de Doubleday, est le tien. Et ils (les impots) leur feront payer des impots sur de l’argent que tu n’as jamais eu. » L’argent s’était bien empilé, et donc j’ai demandé ce que je devais faire. Il m’a répondu « Tu leur donne un autre livre, et fais leur accepter qu’ils publieront le livre sous leurs termes à la con. Mais ils devront fermer le fond d’investissement. »

Et c’est ce qui a lancé « Simetierre » dans le monde. Est-ce que cela vous semble étrange que ce soit un des romans préférés de vos lecteurs, alors que vous le détestez?
Et bien j’en ris. PT Barnum a dit quelque chose du genre « Personne ne s’est jamais ruiné en sous-estimant le goût des américains ». Je pense que la mort est vraiment un mystère, et les gens prennent comme un coup en voyant le voile se lever… Les funérailles, les frais, le fait de devoir payer à crédit, et tout le reste.

 

Stephenking Interview Entertainment Weekly Simetierre Petsematary Film

 

Cela m’a toujours plu. Des ruines au fond des bois, d’anciennes tombes délabrées, c’est comme trouver une histoire qui s’y trouve depuis fort longtemps et qu’on ne connaissait pas. Tout cela chargé par l’idée de perdre un animal de compagnie, puis un enfant. Je ne pense pas qu’il y ai besoin d’être un parent pour ressentir cela. Je trouve que c’est un merveilleux livre, Steve. Je déteste ne pas être d’accord avec vous.
Non, non, j’accepte ça. Vous savez, la pire personne au monde à critiquer un livre, est son auteur, parce que nous en sommes trop proche. Mais je pense également que les gens viennent de part le rapport de l’interdit. Il y a cette idée que cette chose est vraiment, vraiment terrifiante. On veut voir si on arrive à s’en sortir, en allant, par exemple, au plus grand manège d’un parc d’attraction.

Cela dépend aussi de ce qu’on nous a appris. Il y a beaucoup de choses dans ce livre au sujet de Louis et Jud, du fait qu’il n’a jamais connu son père, et qu’il a a trouvé son père au travers de cet homme de l’autre côté de la route. Je ne suis pas sûr que Jud serait un très bon père, ses conseils vont donner forme à l’horreur…
Jud et Louis se créent un lien. Que ce soit ou non une relation père-fils ou seulement de l’amitié, ils se lient réellement d’amitié. Ils boivent ensembles, assis sur le porche, ils discutent. Les hommes ont besoin d’hommes. C’est tout. Et les femmes ont besoin de femmes. On trouve quelqu’un, on l’apprécie, et Jud tombe en quelque sorte amoureux avec la famille. Et bien entendu, c’est la manière dont l’esprit diabolique du cimetière d’animaux s’empare de vous. Comme dit John Caffey dans « La Ligne Verte« , « Il les a tué avec son amour. » Et ce que Jud fait, il le fait par amour.

Y a t’il aussi un côté malveillant à ses actions?
Il sait mieux que ça. Je devais intégrer au livre qu’il dise quelque chose du genre « Tu fais des choses, et tu penses que ces choses sont bonnes, mais quelque chose t’aggripe. » Vous voyez?

 

 

 

 

Le film « Simetierre » de 1989 

 

Pet Sematary 1989

 

Etant donné vos sentiments vis à vis du livre, pourquoi avez-vous écrit le scénario du film de 1989? On dirait presque que vous souhaitez le rendre accessible.
Parfois, on se dit à soi même, « Peut-être que je peux le prendre et le rendre un peu mieux, ou peut-être que je veux faire face à ce qui m’effraie le plus ». Donc j’y suis allé et je l’ai écris. Le plus on travaille sur quelque chose, le plus insensible on en devient. On en vient à l’effet que cela a sur les autres.

Il a débuté comme une suite à « Creepshow » avec George Romero, qui, après avoir fait « La nuit des morts vivants » était devenu le maitre de tout ce qui sort des tombes.
C’était à l’origine envisagé pour George. J’ai écrit un scénario, que George n’a pas pu le réaliser. Et Mary Lambert est montée sur le projet. Je l’appréciais beaucoup. Je pensais qu’elle était cool et avait de bonnes idées. Aussi, je voulais être du côté de Mary sur ce projet, parce que je connaissais le producteur Richard Rubinstein (qui avait travaillé avec Stephen King sur les films « Creepshow » et plus tard sur les téléfilms « Le Fléau » et « Les Langoliers« ). J’aimais bien Richard, et je l’aime bien aujourd’hui. C’est un type sympas, mais il est un peu trop près de son portefeuille.
Et il doit l’être. Alors je voulais juste faire du mieux possible. Il est aussi le pire chauffeur du monde.

[Rires]
Il avait l’habitude de taper dans des boites aux lettres et aux choses, parce qu’il était un de ceux qui, en conduisant, doit garder le contact visuel. Ca me rend dingue dans les films où le gars qui conduit veut un gros plan, donc il tourne vers la caméra, alors que je me dis « Mais regarde où tu roule mec! »

 

 

Pour vous, et mis à part le caméo en tant que prêtre, quel souvenir du tournage se distingue des autres?
Je me rappelle toujours de Mary lors du tournage, elle est petite, je me la rappelle dans la pluie avec son cité jaune et ses chaussures rouges, elle ressemblait à une petite fille sur le point d’aller à l’école. J’aimais les gens avec qui je travaillais, et oui, je voulais aussi mon nom au générique. Je me suis dis que si quelqu’un devait foirer le film, ça serait moi !

Un des éléments marquants du film est Fred Gwynne, je trouve. Il est formidable en tant que Jud. Etiez-vous ravi de la manière dont il l’a joué? J’ai presque l’impression qu’il vole le film de bien des manières. Lui et Miko Hughes, qui incarne Gage. Avez-vous vu beaucoup échangé avec lui?
Nous avons passer un peu de temps ensemble. Il faisait un accent du Maine du mieux qu’il pouvait. Il avait aussi la bonne dégaine. Il avait une allure de Nouvelle Angleterre, et je me suis dit « Il est très bon. On ressent la gravité du sujet. » Il joue ce vieil homme qui sait des choses. Donc oui, je l’aimais beaucoup dans ce rôle. Et j’ai aimé le film. Je trouvais qu’ils faisaient du bon boulot. J’aime Dale (Midkiff), et j’aime Denis (Crosby) (qui joue les parents Louis & Rachel Creed, ndt). Et ils ont tout donné sur ce film.

 

Le nouveau film « Simetierre » (2019)

 

Simetierre Photo 18

 

Les réalisateurs du nouveau film, Kevin Kolsch & Dennis Widmyer, ont fait des changements majeurs par rapport à votre histoire, mais ils ont également gardé très fidèlement beaucoup d’éléments. Que pensez-vous vis à vis de ce « Simetierre »?
C’est sacrément génial ! C’est un très bon film. C’est un film d’adulte. Ce n’est pas comme un film d’adolescents dénudés qui se font tués en camp de vacances. En ce moment même, vous savez, il y a plusieurs films qui ont rencontré le succès. Des films d’horreur comme « Get Out » de Jordan Peele, sorti l’année dernière. Et je pense que quand « Us » (toujours de Jordan Peele, ndt), va sortir, il va faire un carton. Je pense qu’il va être énorme. [Note : Il avait raison. « Us » a réalisé le plus grand weekend d’ouverture de l’histoire pour un film original d’horreur) Ces films sont comme des rêves d’adultes.

Est-ce que cela vous gêne qu’ils aient changé dans la bande annonce que l’enfant qui meurre et qui revient à la vie, est cette fois Ellie plutôt que le petit garçon?
C’est quelque chose de différent. Ils ont fait du bon boulot. J’ai vu toutes les réactions qui sont apparues en ligne lorsque les gens ont réalisé que ce serai Ellie et non pas Gage qui passerai sous les roues, et je me suis dis « Mec, ces gens… » C’est complètement fou. Il est possible de prendre la route 301 pour aller à Tampa, ou il est possible de prendre la route 17 pour aller à Tampa. Mais dans les deux cas, tu vas arrivé à Tampa! (rires) Vous voyez ce que je veux dire? Cela n’a rien changé pour moi. J’ai pensé « D’accord, je comprends pourquoi ils l’ont fait, parce que c’est peut-être plus facile de travailler avec un zombie sous la forme d’une petite fille, plutôt que d’un bambin. »

 

Stephenking Interview Entertainment Weekly Simetierre Petsematary Film2019

 

Certains réalisateurs vont parfois trop loin dans les changements.
Je suis vraiment un peu mercenaire à ce sujet. Mon idée est que, « Si ça fonctionne, alors c’est de l’or. Si ça n’a pas marché, bon dieu, pourquoi vous l’avez changé? » Je veux dire que j’ai vu des changements être faits à certains de mes travaux où je lève simplement les mains et demande « Pourquoi? Pourquoi vous avez fait ça? Vous aviez le livre. Vous aviez un plan tout tracé que vous pouviez suivre. »

Est-ce qu’ils vous avaient demandé votre avis sur les changements malgré que vous n’étiez pas impliqué dans le film?
Je me rappelle avoir été à l’hotel Plaza de New York, et ces types de Sun International voulaient faire un film tiré de « Cujo ». Je ne pensais aucunement qu’ils en feraient quelque chose, mais ils en ont fait un bon film. Nous nous sommes assis et nous sommes regardés les uns et autres du style « Oh mon dieu, nous allons faire exploser l’esprit de ce type. Il va probablement nous foutre à la porte. »

[Note : le paragraphe suivant contient un spoiler à la fois pour le livre et le film « Cujo »]

Ils ont dit : « Que penseriez-vous si le petit garçon vivait? » J’ai juste rigolé et répondu, « Si vous tuez ce garçon après que le publique se soit assis et resté ancré dans cette expérience pour une heure et demie, je pense qu’ils vont vous lyncher. Donc allez-y, voyez si ça marche. »

 

 

Nous n’allons pas révéler certains éléments majeurs maintenant, mais ce nouveau « Simetierre » n’a pas peur d’être lugubre.
Je dois vous dire, le type qui était le plus dévoué à avoir une fin sombre et lugubre était Lorenzo di Bonaventura, le producteur. Et grand bien pour lui! As-tu aimé le film?

 

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Je l’ai vraiment aimé. J’ai pensé comme vous, au sujet de l’idée de prendre différents chemins qui finissent de la même manière. J’ai accepté qu’Ellie devienne celle qui est ressuscitée. Je pense que si il doit y avoir une nouvelle version, autant faire quelque chose de différent. C’est un peu comme Joe Cocker chantant « A little help from my friends ». Pourquoi la faire de la manière manière que les Beatles? Autant entendre une autre interprétation.
Oui. Mais seulement si c’est une bonne reprise. 

Le succès du film « Ça » de 2007 a engendré une nouvelle vague d’adaptations. Maintenant nous voyons une seconde version de certains de vos travaux. Quelle en est selon vous la raison? 
Je ne sais pas quoi en penser, vraiment. Tous les jours je reçois un nouveau contrat, une nouvelle prise d’option, l’information que quelqu’un prépare ci ou ça. Je vois les scénarios. Je vais vous dire que je suis actuellement dans la possibilité de vendre. Il y a un grand appétit pour les histoires, parce qu’il y a tellement de plateformes différentes maintenant. Ce n’est pas seulement le cinéma. 

C’est vrai.
Mais ce qui s’est passé, je présume, c’est que « Ça (chapitre 1) » a été un immense succès que les gens ont décidé qu’il devait y avoir de l’or dans toute cette mer…

[Rires]
Donc beaucoup de vieux trucs seront peut-être refaits. Il y a aussi le sujet des vieilles options prises sur mes histoires qui arrivent à terme, que les studios aient ou non pu les concrétiser, et donc ils doivent se dépêcher. Je pense que c’était un facteur de décision pour « Le Fléau », la série prévue pour CBS All Access. Si Warner Bros voulait s’impliquer dans le projet, il fallait qu’ils se décident rapidement, ou sinon les droits allaient me revenir.

Qu’est-ce que ça fait de voir toutes ces nouvelles adaptations (ou plutôt projets d’adaptations, ndt)? 
C’est un peu comme être attaché au capot d’une voiture qui va à toute vitesse. (Rires). La plupart du temps, je n’y songe même pas, parce que j’ai d’autres choses à faire. J’ai des livres à écrire, et c’est ce qui est important pour moi. Il y a tellement d’appétit pour les histoires en ce moment, et j’ai des histoires à raconter.

 

Stephen King photo Portrait Auteur

 

 





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