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Interview

Interview : Stuart Tinker, guide à Bangor des lieux ayant inspirés Stephen King

Vous êtes vous déjà dit que vous aimeriez aller visiter l’état du Maine de Stephen King?
Et plus spécifiquement d’aller à Bangor, pour voir en personne la maison emblématique de Stephen King?

 

Stephen King Maison Bangor



Si vous prévoyez de le faire, nous ne vous donnerons qu’un seul conseil : profitez en pour contacter Stuart Tinker, qui est un guide touristique de Bangor spécialisé dans les lieux ayant inspiré de Stephen King.

Mais Stuart n’est pas n’importe quel quidam qui aurait simplement décidé qu’il y avait une niche à exploiter. En effet, Stuart Tinker a tenu pendant 20 ans la boutique « Betts Bookstore » qui était spécialisée sur tout ce qui touchait à Stephen King. Notamment les premières éditions américaines, et les éditions rares et limitées.
Après avoir vendu sa boutique en 2009, il a décidé de prendre sa retraite. Et comme il connait très bien Stephen King et son univers, il s’est décidé à devenir guide touristique sur les lieux de Bangor et des environs associés à Stephen King.

 

Donc si vous allez un jour à Bangor, essayez de participer à une de ses excursions Stephen King. Tous les fans en sont ravis !
D’ailleurs, la chaine Hulu a même fait appel à lui pour le documentaire « A la recherche de Castle Rock » (que l’on vous a traduit) dans lequel on a un aperçu de ses visites de Bangor !

 

Jason Sechrest, fan de Stephen King et essayiste a récemment partagé une interview avec Stuart Tinker pour les éditions Suntup. Nous vous proposons de la découvrir ci-dessous.

 


 

Stephenking Tours Of Maine Stuart Tinker

 

Stu Tinker est un ami de la famille King depuis plusieurs décennies. Vous le connaissez peut-être pour son passé lorsqu’il était le propriétaire de Betts Bookstore, ou peut-être que vous avez participé à une de ses « Visites Stephen King ».
J’ai récemment eu le plaisir de visiter Bangor, et j’ai décidé de participer à une de ses célèbres excursions en bus à travers la ville. Ce à quoi je m’attendais était une visite avec un guide familier de l’oeuvre de Stephen King de manière à nous divertir avec des histoires sur la manière dont King a eu ses idées à travers les années ; le genre d’histoire que certains d’entres nous ont déjà entendu plusieurs fois. On obtient cela avec Stu Tinker, bien entendu, mais aussi bien plus.

Quand on monte dans le van avec Stu Tinker, on embarque avec un ami de Stephen King. Stu ne vous emmène pas juste sur les lieux qui ont inspiré Stephen King, il vous raconte des anecdotes que même moi, avec mon long passé de Fidèle Lecteur, je n’ai jamais entendu. Des histoires que seuls les plus proches de la famille King ne peuvent connaitre. 

On m’a dit qu’il n’y a pas deux excursions similaires avec Stu. Il raconte différentes histoires, et parfois visite différents lieux. Gracieusement, nous l’avons fait sortir de son bus pour quelques instants, pour nous raconter quelques anecdotes et nous parler de sa longue histoire en tant que lecteur et ami de Stephen King.

 


 

JS: Quel était le premier livre de Stephen King que vous avez lu? Comment l’avez-vous découvert? 

stuart tinker des Tours Stephen King à BangorST: Mon premier livre était « Carrie« . Ma femme avait vu un article dans le journal au sujet d’un professeur local écrivant un bouquin, et ça a été comme ça!

JS: C’est incroyable. Vous avez commencé dès le début. Je sais qu’à une époque vous étiez le propriétaire de Betts Books. Je suis curieux, que faisiez-vous avant cela? 

ST: J’ai eu différents boulots avant que nous n’achètions Betts ! Principalement dans l’industrie automobile. Le dernier était pour un industriel qui nécessitait que je fasse hebdomadairement un déplacement dans le New Jersey, et que je couvre tout le Nord-Est.

JS: Comment être vous devenu propriétaire de Betts Books? 

ST: Parce qu’avec tout ces déplacements et être absent 5 jours par semaine, j’ai décidé que j’en avais assez de travailler pour d’autres personnes. J’ai voulu monter ma propre entreprise. Betts Bookstore était la plus ancienne librairie à Bangor, et il se trouve qu’elle était en vente !

JS: L’occasion parfaite! Pendant combien d’années avez-vous tenu cette boutique? 

ST: Pendant 11 ans notre boutique sur la rue principale était une véritable librairie, mais toujours avec du Stephen King. Quand Borders (une chaine de librairie, ndt) a annoncé qu’ils venaient à Bangor, nous avons vendu l’inventaire et nous avons déménagé vers une boutique plus petite sur Hammond Street, et pendant 9 ans nous y avons vendus exclusivement que sur Stephen King.

JS: Quel est votre souvenir le plus mémorable de la boutique? 

ST: Mon histoire préférée est celle d’un couple nouvellement marrié qui visitait la boutique d’Hammond Street. J’ai vu Steve entrer dans la boutique d’en face et ai dit à la mariée que si elle attendait qu’il sorte, il lui signerai peut-être un livre. Elle a couru et traversé la rue et attendu. Quand Steve est sorti, il a signé le livre. Elle était tellement excitée que lorsqu’elle est revenue dans la boutique, elle est montée dans sa voiture et est partie, laissant son nouveau mari poireauter tout en étant éhabi!

JS: Oh, c’est hilarant! Est-ce que Betts vous manque? 

ST: La boutique ne me manque pas, mais le contact quotidien avec des clients qui sont devenus des amis au fil des années, oui. Et surtout la chasse pour trouver un livre de collection ou rare de Stephen King. 

JS: Êtes-vous vous même un collectionneur? 

ST: J’ai ma propre collection. La plupart sont dédicacés. Certains m’ont été donné par Steve, et j’ai aussi quelques (mais très peu) éditions limitées. Penney m’a apprit, lorsque nous avions la boutique, à ne pas tomber amoureux de ce que nous avions en vente. Donc la majorité des vraiment rares étaient vendus. A un moment, nous les avions tous ! L’édition en amiante de « Firestarter » (Charlie), une première version de « Salem’s Lot » (Salem), l’édition limitée de « My Pretty Poney » (nouvelle ayant été intégrée au livre « Rêves et Cauchemars », ndt), et toutes les éditions limitées et dédicacées.

JS: Penney est votre femme? 

ST: Oui, Penney est ma femme depuis près de 45 ans. Elle m’a tenu sur le droit chemin non seulement avec la boutique, mais aussi dans la vie en général ! 

 

Stuart Tinker des Tours Stephen King à Bangor

 

JS: Pensez-vous qu’il y a moins de « Super collectionneurs » aujourd’hui qu’il y a, par exemple, 20 ans? 

ST: Oui, il y a eu une déperdition naturelle. Je pense que la valeur des livres de Steve a eu un impact négatif sur l’arrivée de nouveaux collectionneurs.

JS: Durant vos années à vendre des livres de Stephen King, quel a été le livre le plus difficile à laisser partir? Et pourquoi? 

ST: J’avais un manuscrit écrit à la main d’un roman non publié et non fini qui était dédicacé par Steve. C’était le plus difficile.

JS: Sans blague! Pouvez-vous nous en dire un peu plus? 

ST: Quand Steve est revenu du Colorado après l’écriture de « Shining », les Kings se sont installés à Bridgton, dans le Maine, où il a écrit « The Mist » (la novella « Brume », ndt) pendant plusieurs mois. Puis pour une quelconque raison, Steve a décidé qu’il aimerai vivre en Angleterre pour quelques années. Il a commencé à écrire ce qui devait être un roman d’espionnage intitulé « Wimsey » se déroulant durant la seconde guerre mondiale en Angleterre. Il l’avait écrit à la main et ça commençait plutôt bien. Le personnage principal rentrait chez lui en Bentley. Je l’ai lu il y a longtemps dont je ne me rappelle plus si il conduisait lui-même ou s’il avait un chauffeur, mais je me rappelle que Steve avait écrit que le conducteur avait son bras gauche qui sortait de la fenêtre. En Angleterre, les Bentleys seraient sur le côté droit, donc ce devrait être son bras droit à la place! Puis ils arrivèrent à un pont et découvraient que des explosifs y étaient attachés. Le livre n’allait pas beaucoup plus loin. (A ce jour, il n’existe que 15 pages de ce roman inachevé de Stephen King. ndt)

Oh, et au fait, ils sont restés moins de deux mois là-bas (en Angleterre, ndt). La nostalgie les a ramené dans le Maine.

JS: Wow, c’est une histoire. Comment avez-vous lancé SK Tours? 

ST: Et bien, que nous avons vendu Betts, nous pensions qu’il resterai ici, à Bangor, et que j’y travaillerai à temps partiel quand nécessaire. Mais comme vous le savez peut-être, la boutique a été déplacée dans le Connecticut. Donc je ne savais pas trop quoi faire. Nous faisions occasionnellement des visites guidées depuis 20 ans, et Penney m’a suggéré d’en faire une entreprise. Je pensais que nous pourrions en faire une par smaine, mais ça a explosé! De fin mars jusqu’à la mi-novembre, nous faisons 2 visites par jours, 7 jours par semaine. Le reste de l’année, nous n’en faisons qu’un ou deux par semaine.

JS: Pouvez-vous nous en dire un peu sur les lieux que vous faites visiter? 

ST: Nous nous arrêtons à 20 ou 30 lieux liés à Stephen King. Cela inclut les friches, le chateau d’eau, le bassin à oiseaux, et la statue Paul Bunyan, tous liés à « Ça ». Il y a des lieux liés aux films, les radios de Stephen King (WKIT FM) et bien entendu sa maison.

Jason Sechrest à Bangor

 

JS: Hormis sa maison, bien entendu, quel est le lieu que les gens semblent apprécier le plus?

ST: Nous avons tendance à nous amuser le plus à la bouche d’égoût aux coins des rues Jackson et Union. C’est bien entendu Jackson & Witcham dans le roman « Ça », et Bangor a donné vie à Derry.

JS: J’ai moi même participé à cette visite récemment, et je dois avouer qu’il y a des histoires dont je n’avais jamais entendu parler. Même moi, un fan de longue date. Comment savez-vous tout cela? 

ST: La majorité de la part de Steve, au fil des ans. D’autres sont des informations glanées de ses écrits, et de l’histoire locale de Bangor. 

JS: Certaines de ces anecdotes sont des choses que seuls les plus proches de la famille King ne peuvent connaitre. Peut-on dire que vous êtes un ami de King? Et depuis combien d’années?

ST: Si Steve et Tabitha ne m’avait pas aidé les cinq premières années de Betts Bookstore, je n’aurai pas pu continuer. Je ne pourrais jamais les remercier à juste valeur pour ce qu’ils ont fait pour nous.

JS: Quelle a été la chose la plus étrange qui se soit déroulée durant une de vos visites légendaires?

ST: Steve est sorti à plusieurs reprises de chez lui, et a parlé à tous ceux en visite. Ça a rendu la visite VRAIMENT SPECIALE !

 

Stephen King et sa femme Tabitha King

 

JS: Lorsque je faisais le tour avec vous, vous évoquiez une femme qui était l’inspiration pour Margaret White. Pouvez-vous nous en dire un peu plus?

ST: C’était une femme qui a vraiment existé et qui a vécu à Hampden, dans le Maine. Elle était la mère d’une étudiante lorsque Stephen King enseignait. Elle était vraiment une religieuse fanatique et elle faisait peur à tout le monde en ville avec sa bible et ses diatribes dans la rue.

JS: Si quelqu’un souhaite réserver une visite avec vous, comment peut-il le faire? 

ST: Nous avons un site internet : SK-Tours.com Ils peuvent y trouver plus d’informations et réserver le jour auquel ils souhaiteraient nous joindre dans une visite. 

JS: Êtes-vous déjà entré dans la célèbre maison des King à Bangor? 

ST: Oui. C’est vraiment beau à l’intérieur, mais ussi à l’extérieur. Ma pièce préférée est la bibliothèque, avec des étagères en bois sombre, du sol au plafond, avec des échelles de bibliothèques sur chaque mur.

JS: Dernière question, mais pas des moindre, je serai négligent si je ne vous demandais pas cela : quel est votre livre préféré de Stephen King?

ST: Mon roman préféré est « Ça« , suivi par « Le Talisman« , « 22/11/63« , « Sac d’os » et « Christine« . 

 

 

 

Merci à Jason et Suntup de nous avoir autorisés à traduire et partager cette interview

 

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