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Interviews

Stephen King & Mick Garris dévoilent les secrets du « Fléau » et de « Shining » dans le podcast ‘Post Mortem’

Fin avril, nous apprenions qu’à l’occasion du 25e anniversaire du téléfilm « Le Fléau », le réalisateur Mick Garris allait recevoir Stephen King dans un de ses podcast ‘Post-Mortem ».
L’occasion de revenir sur la genèse et les processus créatif du fléau, mais également de plusieurs de leurs collaborations, notamment le téléfilm « Shining, les couloirs de la peur ».

 

Postmortem Mick Garris Stephenking

 

 

Le podcast étant disponible depuis la semaine dernière, via ce lien, il nous semblait intéressant de proposer une traduction pour les non anglophones.

La durée du podcast est assez conséquente, environ 1h02, moins les publicités, ne soyez donc pas surpris de la longueur de ce texte… mais cette interview / podcast est intéressante pour découvrir des anecdotes et secrets sur les tournages des téléfilms « Le Fléau », « Shining, les couloirs de la peur ».

 

Je suis Mick Garris, et voici « Post Mortem ». 

Prenez 100 jours de tournage, sur 95 lieux différents, 460 pages de scénario, à travers 6 états, 125 acteurs et un an loin de chez soi.
Il y a 25 ans, tout cela s’est transformé en une adaptation télévisée du roman épique de Stephen King : « Le Fléau. »

Il est difficile de croire qu’il s’agisse du 25e anniversaire de la première diffusion du téléfilm « Fléau » sur la chaine ABC. Avant de faire « Le Fléau », mon travail avait été sur une échelle plutôt modeste, avec des budgets qui étaient moins que luxueux. Mais celui-ci était un énorme canevas à remplir. Huit heures, réparties sur quatre soirées durant une semaine. Ce n’était pas mon premier projet avec Stephen King, il suivait « La nuit déchirée » qui était d’un genre très différent. Et une grande partie de ma carrière a été dévouée à transporter les histoires de Stephen King à l’écran, du grand écran au plus petit. « Le fléau » demeure à ce jour le roman le plus populaire de Stephen King. L’opportunité de réaliser le téléfilm à partir d’un scénario écrit par l’auteur en personne était intimidante. Ce serait extrêmement facile de le foirer. Mais qui ne tente rien, n’a rien. Nous avons passé une partie de notre vie à pousser le bateau au sommet de la montagne. Et la mini-série a rencontré un fort succès d’audience.

Stephen King a une voix qui est entièrement la sienne, mais c’est une voix qui résonne à travers les générations, genres et goûts. Il utilise son imagination morbide, mais elle est ancrée dans une profonde émotion humaine. Ses personnages sont des gens que nous connaissons. Ce sont nous. Je dis souvent que les histoires de King ne sont pas au sujet de monstres dans le placard, mais portent autour des gens qui vivent dans la maison où se trouve le monstre dans le placard. C’est de l’horreur ancrée dans la vraie vie, ce qui, pour moi, est le meilleur type d’horreur.

J’ai été chanceux d’avoir travaillé avec Stephen King sur plusieurs projets, et j’espère en faire plusieurs autres. Avoir Stephen King sur votre tournage est une expérience joyeuse, il est notre cheerleader et nous donne un soutien complet.

« Le fléau » était de loin le plus gros projet sur lequel j’ai jamais travaillé et de loin mon plus grand succès. Et je ne pourrais pas être plus heureux de célébrer son anniversaire d’un quart de siècle avec l’auteur en personne.

 

*****

 

(Publicité pour le magazine Fangoria, qui est le partenaire du podcast « Post-Mortem avec Mick Garris« )

(Publicité pour Shudder, la plateforme de streaming vidéo de films de genre qui prépare actuellement une série « Creepshow », qui sponsorise cet épisode du podcast « Post-Mortem avec Mick Garris »… « Shudder peut-être appelé le Netflix de l’horreur », déclare Mick Garris, qui donne un code promo pour une période d’essai de 30 jours à la plateforme Shudder.com : POSTMORTEM… mais la plateforme n’est pas disponible en France)

(Publicité pour le film « Nightmare cinéma », qui arrive le 21 juin dans les cinémas américains et plateformes VOD. Il s’agit un film d’horreur à sketch réalisé par Alejandro Brugués, Ryûhei Kitamura, David Slade, Joe Dante et Mick Garris. Un autre code promo est donné pour Shudder, NIGHTMARE2019. Le film n’a pas de date de sortie prévue en France.)

 

*****

 

 

Mick Garris : L’époque de l’écriture du roman « Le fléau », fut un temps d’opposition politique. Et « Le fléau » semble refléter cela, dis m’en plus sur le climat social et politique de l’époque à laquelle tu as écrit le livre.

Stephen King : J’essaie de me rappeler sur la période à laquelle j’ai travaillé dessus, ce devait être 1975 ou 1976, donc Nixon à l’époque. Nous vivions avec beaucoup de mensonges, il y avait beaucoup de choses qui se déroulaient. (Stephen King interprête un dialogue entre Nixon et un journaliste : « Est-ce que j’étais un escroc? Non, je n’étais pas un escroc. Et lorsque nous bombardions le Laos et le Cambodge? Non, nous ne faisions pas cela… ») et tout s’est avéré être des bobards? Je dis que Nixon racontait que des conneries. Mais en meme temps, lorsque je jouais avec cette idée pour le livre, il y avait une fuite de produits chimiques dans l’Utah, plusieurs bidons sont tombés d’un camion, se sont vidés, et on tué quelques moutons. Plus tard, des scientifiques ont déclaré que si le vent avait été de l’autre sens… Salt Lake City était dans cette direction… et vers cette époque, j’étais dans le Colorado et il y avait une radio qui diffusait la bible. Un jour un type à préché un sermon qui disait « chaque génération la peste tombera sur eux ». J’ai en quelques sorte connecté cela avec la fuite de produits chimiques en Utah et à un formidable roman des années 50s de George Steward, et je me suis dit que (le tout, ndt) ferai un super livre. Et une des choses en second plan de ce livre, Mick, se trouvait l’idée que les militaires et le gouvernement continueraient à mentir même lorsque les choses seraient hors de contrôle parce que cela me semblait être leur position. Et étant donné ce qui se passe aux USA en ce moment, je dirai que c’est toujours le cas.

Mick Garris : Donc c’était en quelque sorte nouveau pour toi. Les livres précédents étaient plutôt intimes, sur une échelle bien plus modeste, et ce livre était intime mais sur une grande échelle, de la vergure d’un livre de Tolkien si tu veux. Cherchais-tu à créer un roman épique plutôt qu’un livre d’une envergure plus petite telle que ceux que tu avais fait jusqu’alors?

Stephen King : Non, mais je le pouvais, parce que j’avais de l’argent.

Mick Garris : Rires

Stephen King : Je n’étais plus bloqué dans une situation dans laquelle j’étais… Lorsque j’étais sur ma machine à écrire, parce que c’était ce que nous utilisions, à l’époque, mais quand j’étais sur la machine, j’avais un oeil sur ce que j’écrivais, et le second sur le compte bancaire, les factures médicales pour les enfants, et tout le reste… et j’ai grandi dans une situation où je n’avais pas grand chose. Donc je m’inquiétais au sujet de l’argent. Et je pense que je m’en suis préoccupé bien plus longtemps que je ne le devais. Mais peut-être que c’était une bonne chose. Mais je vais te dire ce qu’il s’est vraiment passé. Et c’est en quelque sorte lié avec « Dome« , un autre très long livre. Ce qui m’a excité, c’est que je pensais à l’idée d’un roman sur la peste et je me suis dit que ce serait bien, mais comment raconter un roman de ce genre? Alors j’ai joué avec parce que la structure est importante pour moi. Je ne crois pas aux intrigues, pour moi c’est quelque chose des auteurs qui n’arrivent pas se lâcher pour que l’histoire se raconte toute seule, mais la structure est importante pour moi. (voir notre article sur les conseils d’écriture de Stephen King , ndt).
Un jour je me suis assis avec un carnet et un stylo, et je me suis dit (écrivant sur son carnet), voici Stuart Redman. Voici avec qui je veux commencer. Ce gars du Texas. Puis je veux aller vers quelqu’un d’autre. Fran Goldsmith, du Maine. Et ensuite retourner à Stu Redman. J’ai commencé à créer une pyramide et je me suis dit : voici ce que je vais faire. Je vais ajouter un personnage à chaque chapitre. De manière à voir une vue de plus en plus large, comme pour un réalisateur qui part d’un gros plan puis recule, recule, recule, jusqu’à voir tout le monde sur scène. C’est à peu près ce que j’ai fait. Jusqu’à ce que j’ai eu 15 ou 16 personnages, puis je me suis dit que ça devenait trop gros, c’est en voie libre et j’ai presque abandonné le livre. Parce que je ne savais pas quoi faire avec tous ces gens. Je l’avais trop développé.

 

« J’ai presque abandonné le livre. Parce que je ne savais pas quoi faire avec tous ces gens. Je l’avais trop développé. »

 

Et après je me suis rappelé ce que Raymond Chandler a dit, dans « The simple art of murder » : « Si tu ne sais pas quoi faire ensuite, amène le type avec le flingue. »

Et je me suis dit, je peux m’en rappeler très clairement, je marchais sur une route de terre du Maine, et je me suis dit « Il va y avoir une bombe. Et je vais tous les faire sauter. » Ca simplifiera tout cela.

Mick Garris : Dans ton processus créatif, est-ce que tu écris les contours de l’histoire, est-ce que tu fais un schéma? De ce que j’ai vu de quand tu travaille, lorsque nous faisions le téléfilm « Shining » (« Shining, les couloirs de la peur », 1997, un téléfilm de Mick Garris sur un scénario de Stephen King, ndt), tu écrivais « La Ligne Verte« . Tu semblais juste t’asseoir et te plonger dedans. Contrairement à écrire dans les grandes lignes au préalable. Pour quelque chose aussi grand que « Le Fléau« , est-ce que tu as d’abord écrit les grandes lignes?

Stephen King : Je n’ai jamais écris les grandes lignes. J’allais juste où l’histoire me portait. Attends un petit peu et je vais te donner une idée de ce que j’entends par des grandes lignes. J’ai un livre qui sort à l’automne, « The Institute », et c’est un roman complexe avec de nombreux éléments mouvants, avec de nombreux personnages et il y a différentes chronologies. Et différents endroits dans le pays, et je devais tous les faire se raccorder. Mais le principal était que « L’institut » o%





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