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[INTERVIEW] Stephen King parle autour de l’écriture, des origines du mal, la peur, Le Fléau, un nouveau roman et une nouvelle autour du covid

Une nouvelle interview de Stephen King est récemment apparue sur Youtube.  Nous vous proposons de découvrir notre retranscription et traduction de cette interview de Stephen King.

Nous vous proposons de découvrir notre retranscription et traduction de cette discussion

 

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La vidéo de l’interview

 

 

 

 

L’interview est conduite par le Dr Wendy Galgan, professeur de littérature au lycée Saint Joseph du Maine. Stephen King et Tabitha King ont longtemps soutenu le lycée, notamment au travers de donations réalisées via leur fondation et des donations pour leur bibliothèque et leur nouveau centre d’innovation.

 

Stephenking Tabitha King

 

 

Initialement, nous n’avions pas prévu de faire une retranscription complète de l’interview, souhaitant faire une synthèse des temps fort de l’interview… mais ce qui a débuté ainsi s’est finalement transformé en une retranscription et traduction d’une grande partie de l’interview.

 

 

 

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Si vous aimez notre travail de retranscription et traduction, qui nous a pris une dizaine d’heures, n’hésitez pas à liker/commenter/partager en masse sur les réseaux sociaux.

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L’écriture d’histoires hommages / inspirées de d’autres histoires

 

La Dr Wendy Galgan commence l’interview avec une introduction de Stephen King et débute avec une question sur les histoires hommages et inspirations.

Elle constate que plusieurs des histoires de Stephen King sont des hommages / inspirés par d’autres oeuvres (par exemple « La Tour Sombre » et le poème « Le chevalier Roland s’en vint à la Tour noire » ; « Le Fléau » et « Le Seigneur des anneaux » ; « Le grand bazar : final »  (nouvelle du livre « Rêves et cauchemars« ) et « Des fleurs pour Algernon ») et cherche à savoir si Stephen King se met à écrire avec l’intention de raconter une histoire spécifique ou s’il a une idée pour une histoire et se demande ensuite si il pourrait utiliser une autre en tant qu’inspiration. Ainsi que la différence du processus créatif dans ce cas, contrairement à l’écriture d’une histoire en partant de rien du tout.

Stephen King : « Salem » s’appelait à la base « Second Coming » car il voulait utiliser Dracula et ce qui l’intéressait. Parfois, Stephen King a une idée de ce qu’il veut écrire et sur lequel s’inspirer (c’était le cas avec « Dome » lié avec Bush et la guerre en Irak). Avec « Second Coming », dont le titre a été changé sur le conseil de Tabitha qui lui disait que ça sonnait comme un guide sexuel ; King a donc renommé le livre en « Jerusalem’s Lot » que l’éditeur a raccourci en « Salem’s Lot »), ce qui l’intéressait c’était que le roman « Dracula » provenait d’une époque où tout le monde était en transe face aux nouvelles technologies. Que tout le monde pensait que le monde allait changer radicalement. Selon lui, ce roman contient un sous-texte, celui que le compte a fait une terrible erreur en se rendant à Londres. Car il est une créature du surnaturel, de la vieille époque. Et qu’il s’est rendu dans une ville moderne.

Quand Stephen King écrivait « Salem« , vers 1975, il s’est dit que l’époque d’alors était au bord du chaos. Il y avait assez de bombes nucléaires pour détruire le monde entier et c’est encore pire maintenant, avec l’internet, Zoom etc. Car ce qui est pratique en période de pandémie, peut aussi être terrible en cas de backlash sur les réseaux sociaux.
Avec « Salem« , Stephen King voulait faire l’inverse de Dracula.

Concernant « La Tour Sombre », il a lu le poème de Browning au lycée, sans savoir ce que c’était ni ce que cela signifiait. En parlant du poème (et son dernier vers), Stephen King déclare avoir la chair de poule.
Il s’est alors demandé s’il pouvait mélanger cela avec le genre du western et un monde imaginaire tombé en ruines, géré par une Tour Sombre au centre de tout… avec la menace que si elle tombait, tout sombrerait dans le chaos. 
Il admet qu’il n’avait rien de plus à l’esprit quand il s’est assis dans sa caravane à Orono dans le Maine, pour écrire le début et la suite en a découlé.

 

 

 

Thestand Serie Poster2020

 

 

Le fait de « prendre position » dans ses histoires et les réactions émotionnelles aux histoires

 

Wendy Galgan remarque que dans plusieurs de ses histoires, ses personnages doivent prendre position et s’imposer. Parfois il s’agit de positions personnelles, comme Chris Chambers sortant un pistolet dans « Le corps » ou Bill Hodges et Holly Gibney dans « Mr Mercedes« , et parfois une grande partie du monde dépend de ce choix et de la prise de position, comme avec le « Club des Ratés » dans « Ça« , ou l’équipe de Ralph, Larry et Glenn dans « Le Fléau« . 
Elle s’interroge si cet élément de prise de position est quelque chose que Stephen King a consciemment étudié dans son oeuvre ou s’il c’est plutôt le fait que ses personnages sont souvent dans des histoires portant sur la question du Bien contre le Mal. Et si sa perception du Bien contre le Mal a changé au fur et à mesure de sa carrière concernant la Nature Humaine.

Stephen King répond que la seule fois où une prise de position était consciemment intégrée était dans « Le Fléau » (qui au passage s’appelle « The Stand » en version originale, que l’on pourrait traduire littéralement par « L’affrontement »). Il n’avait pas de titre quand il s’est assis pour commencer l’écriture de ce roman qui n’a fait que grossir, grossir, grossir. Il pense que c’est sans doute lié à son enfance puisqu’il a grandit en tant que méthodiste et que cela voulait dire aller tous les dimanches à l’église, avoir des cours religieux les jeudis soir à l’école, la lecture de la Bible etc. 
Il voulait écrire un livre qui abordait le sujet des martyres avec le fait de se maintenir debout pour ses croyances, même quand les choses vont mal.

Concernant Dale Barbie dans « Dôme« , le personnage ne fait qu’errer et arrive en ville quand les événements du livre se produisent. Dans « Bazaar« , le shérif n’est qu’un shérif.

« Mais ce qui m’intéresse ce sont les gens normaux. Les gens qui sont juste de bonnes personnes », et King dit que la majorité des personnes qu’il a croisé dans sa vie sont de bonnes personnes. Que la majorité se rendent au travail, aiment leur famille, font attention aux autres. 

« Ce qui m’intéresse c’est ce qui arrive quand certaines de ces bonnes personnes se retrouvent dans une position complètement extraordinaire. J’aime les histoires au sujet de personnes normales dans des situations extraordinaires ».

Il continue en évoquant que surtout « je veux raconter des histoires. C’est ce qui m’intéresse. Je veux que les lecteurs apprécient l’histoire. »

Stephen King mentionne sa nouvelle « Brume » qui traite de personnes normales, inspirées d’habitants de Bridgton dans le Maine, et d’une fois où durant une grosse tempête il a dut se réfugier avec son fils dans un supermarché. Avec la panne de courant qui accompagnait la tempête, les employés écrivaient les reçus à la main. King s’est alors demandé ce qu’il se passerait s’il y avait une grosse brume qui arrivait dans laquelle se trouvaient de grosses créatures de films d’horreur.

Stephen King évoque que dans la vie certaines personnes prennent position et d’autres non. « Cela se remarque dans la vie de tous jours, que ce soit d’un point de vue national ou international ». (Sans être explicitement mentionné, on ressent l’allusion à l’attaqie du Capitol américain le 6 janvier dernier) 

 

Wendy Galgan annonce faire régulièrement lire « Brume » à ses étudiants et que certains lui disent en avoir été terrifié, notamment si le lendemain il y a une grosse Brume en dehors de chez eux.

 

« J’aime faire peur aux gens, mais j’aime aussi faire rire, et je ne serai pas contre si vous versiez une ou deux larmes en fait. Je suis un auteur émotionnel de bien des manières. Je ne suis pas particulièrement intellectuel et je ne suis pas ce qu’on appelle un rationaliste, mais on peut me décrire comme un naturaliste parce que je veux peindre des images qui soient réalistes et en même temps intégrer un élément étrange, et je pense que cela aide les gens à observer leur vraie vie en faisant cela. Donc oui je suis content quand les gens ont peur. Si cela fait de moi quelqu’un de mauvais, qu’il en soit ainsi. »

 

Wendy Galgan : « Non ce n’est pas le cas. J’aime m’asseoir au fond de la classe que je leur montre des adaptations de vos livres car je sais que des frayeurs arrivent et je les vois vraiment sauter de leur siège ».

 

Sur le sujet des émotions auxquels les lecteurs / public d’un film réagissent, Stephen King évoque qu’il y a de nombreux choses qui sont horribles dans son roman « Dead Zone », avec un tueur en série, mais qu’il a reçu tout plein de lettre se plaignant du début du livre dans lequel Greg Stillson tue un chien à coups de pied. Il admet que s’il y avait eu les réseaux sociaux à l’époque, il aurait été grillé. Et au sujet de « Cujo« , tout le monde aimait le chien. Même s’il était dangereux.

 

Stephen King évoque alors une rencontre avec les producteurs du film (Cujo) à l’époque, lui demandant ce qu’il penserait si (attention spoiler : surlignez le texte suivant pour le lire : le petit garçon survivait à la fin du film. Ce à quoi il leur a répondu que tout le monde les lyncherai si il mourrait.

 

« Les films sont plus immédiats que sont les livres »

 

Il évoque alors que si il écrit dans un livre que quelqu’un reçoit une seringue dans l’oeil, il est facile de l’ignorer et de l’oublier, mais que si c’est montré dans un film, la majeure partie du public va réagir et se cacher les yeux.

Concernant le film « Cujo », Stephen King considère que le petit garçon mourrerait d’une mort plus atroce (s’il vivait) parce que le chien a léché son visage après avoir chopé la rage. 

 

 

[picture - Stephen King scares you]

 

 

Le fait de surprendre et sursauter le lecteur

 

Wendy Galgan ayant fait des recherches pour cette interview, évoque l’interview de Stephen King, Ira Levin, Peter Straub et George Romero chez Dick Cavett.  George Romero y demande s’il est possible de faire sursauter avec un livre, mais la question n’a pas de véritable réponse. Du coup elle pose la question à Stephen King.

 

 

 

 

Il pense que oui et mentionne avoir reçu une lettre d’Harlan Coben qui disait ne pas croire ce que Stephen King au début du livre « L’outsider« . (Spoiler : le suspect est tué très tôt dans le livre). 

« J’aime une histoire qui chamboule tout à la fin, mais il faut que ce soit fait de manière logique, parce que si c’est un tour de magie, je n’aime pas ça. Par exemple il y a un livre d’Agatha Christie intitulé « Dix Petits Nègres / Ils étaient dix ») et à la fin de ce livre il y a une surprise. Et puis il y a « Le Meurtre de Roger Ackroyd » (Agatha Christie) où je défie quiconque de deviner la fin du livre et pourtant c’est parfait ».

« En ce qui concerne le sursaut avec un livre, il n’est pas possible de faire ce qu’Hitchcock fait dans Psycho, avec Janet Lee dans la douche. On devine que quelque chose va se passer. Mais il y a différents éléments ici. Il y a le montage rapide entre le tueur et le couteau, elle et le sang qui s’écoule dans la douche. Mais il y a aussi la musique de Bernard Herman. »

 

Stephen King continue en présentant son livre « Later« , et en mentionnant que le New York Times l’a comparé au film « Le sixième sens », que King évoque lui-même dans son roman. Il fait ensuite la liaison avec la première question des histoires hommages et évoque (pour « Later« ) la nouvelle « The Rocking-Horse Winner » de D. H. Lawrence, au sujet d’un petit garçon qui peut prédire les résultats de courses de chevaux.

King mentionne alors l’histoire (de « Later« ) et le fait que le garçon protagoniste ayant un talent particulier, se fait exploiter par les adultes. Puis évoque aimer beaucoup ce livre qui contient des éléments à la fois amusants et effrayants et qu’il est en quelque sorte lié à « Ça« 

 

 

Pennywise 2017 2

Ca Chapitre2 Troisieme Film

 

 

Sur les origines du Mal

 

 

Wendy Galgan revient à sa question de l’évolution de sa perception du Bien contre le Mal.

 

Stephen King répond que c’est quelque chose de vague et qu’il n’a pas de réponse. Il évoque alors les deux sortes de Mal qui existent théoriquement : le Mal intérieur et le Mal extérieur, qu’il juge plus réconfortant, en quelque sorte, car lié à des éléments surnaturels.
Comme Reagan du film « L’exorciste » qui est possédé par un démon extérieur. Ce qui n’est donc pas un mal psychologique.

Il est convaincu qu’une fois qu’il aura décédé et qu’il sera oublié, les gens se rappelleront toujours de Grippe-sou, qui rejoindra peut-être le Panthéon des monstres avec le monstre de Frankenstein, Dracula, le Loup-Garou peut-être même Freddy, Jason, Michael Myers qui sont des croque-mitaines, parce qu’on se rappelle des méchants.

Mais il trouve Grippe-sou réconfortant parce qu’il vient de l’extérieur.
On comprend dans son livre que Grippe-sou vient d’un autre univers, une autre dimension, qu’il n’est pas vraiment réel.

« Et pourtant avec Ça, et c’est la vraie dichotomie, le livre débute quelque chose qui s’est véritablement passé. Je l’ai transformé en fiction mais il y a quelques gars qui ont attaqué deux hommes gays inoffensifs qui ne leur faisait rien et l’un d’eux a été jeté par dessus un pont et en est mort. C’est du Mal intérieur, quelque chose qui vient de l’intérieur. Je ne suis pas toujours sur dans mon esprit si il existe un mal extérieur, et je n’ai toujours pas compris ce qu’est le mal intérieur. »

King évoque quelque chose qu’un de ses amis lui a dit dans les années 60, quand Lyndon Johnson était président et qu’il ne pouvait pas retirer les troupes du Vietnam. La guerre ne faisait que se développer. Les jeunes hommes y partaient et y mourraient ou revenaient mutilés. En 1968, Lyndon Johnson est passé à la télévision pour dire qu’il ne se représenterait pas aux élections et son ami lui a dit qu’il « l’a vu » le quitter à ce moment. Qu’il  a vu ce qui poussait sa détermination jusqu’alors, le quitter.

Stephen King s’interroge sur la question de tueurs comme Ted Bundy, qu’il considère comme une personne purement maléfique. Une des rares personnes pour laquelle il juge que l’exécution était justifiée pour se débarasser de ce qui était en lui. Bien que ce qui était en lui ne pouvait pas être enfermé ni retenu.

Il continue en évoquant son roman « Désolation » dont le petit garçon dit « Si tout cela est arrivé, si mes parents ont été tués, si toutes ces horribles choses sont arrivées alors Dieu est cruel ». 
King déclare croire cela, que Dieu est cruel, si il y a une telle créature. 
Puis il mentionne la réponse de son personnage de « Désolation » disant que si on croit en un Dieu qui sait tout et est tout-puissant, alors il est en quelque sorte bon et est tout.

 

Dr Wendy Galgan considère que Stephen King a fait une très belle métaphore dans « Le Fléau » au sujet du Bien et du Mal. 
Car Mère Abigail est statique et les personnages doivent se rendre à elle. Alors que Randall Flagg est celui qui marche, toujours derrière les personnages, à l’affut et à suggérer les mauvaises décisions. Les décisions faciles sont souvent le mauvaises, car elles sont ici, elles vont vous trouver ; tandis que les bonnes décisions doivent être cherchées.

 

Stephen King évoque les décisions et le cheminement du personnage d’Harold Lauder dans « Le Fléau« , qui a une vraie décision à prendre.

 

 

 

 

Lefleau Serie 2020 Poster 01 Cover

 

 

Au sujet de la nouvelle série « Le Fléau » et l’implication de Stephen King

 

 

Wendy Galgan interroge Stephen King sur l’épisode final qu’il a écrit pour la nouvelle série « Le Fléau » et sur les raisons pour lesquelles il souhaitait proposer une conclusion et un affrontement à Frannie.

Stephen King répond que le projet était initialement porté par Josh Boone, qui a finalement laissé la casque de producteur à Benjamin Cavell. Mais Josh Boone était un grand fan de Stephen King, qui a beaucoup lu et lu / écouté beaucoup d’interviews dont même lui ne se souvient pas.
Il a un jour lu que Stephen King n’avait jamais été satisfait de la fin du livre, qu’il avait été tenté d’écrire un dernier chapitre de l’histoire dans lequel (attention spoiler : Frannie tombe dans un puits.) 
Josh Boone s’en est rappelé et a demandé à Stephen King de l’écrire.
Il lui était difficile de refuser car la série était produite par Owen King, qui faisait également partie de l’équipe de scénaristes (il a d’ailleurs co-écrit 2 épisodes et écrit, seul, l’un d’eux). Stephen King a donc finit par écrire cette conclusion pour Frannie.

 

(D’ailleurs, un livre dédié à la série « Le Fleau » sort fin juin avec le texte d’origine de Stephen King pour cette fin inédite)

 

Stephen King déclare avoir adoré Harold, Alexander Skarsgaard dans le rôle de Randall Flagg et Odessa Young qui incarnait Frannie, mais avoue ne pas avoir été particulièrement fou des scènes à Las Vegas, qui étaient décrites par une critique comme signant la mort de la série.
King n’était pas trop fan de la représentation de Las Vegas dans la série, car il l’imaginait davantage comme associée à la classe ouvrière.

 

 

Photo De Stephenking 25

 

 

L’histoire que Stephen King n’a jamais pu écrire  

 

Interrogé s’il y a un livre ou une histoire qu’il a toujours voulu écrire mais n’a jamais pu le faire, Stephen King ne pense pas qu’il y en ait.
Parce que s’il n’arrive pas à écrire une histoire, il a tendance à l’oublier après un moment.
Selon lui, quelques histoires « crient » pour être écrites. 
Ce qui semble le cas du roman sur lequel il travaille actuellement, qui est plutôt difficile à écrire et donc son approche est de foncer tête baissée.

« Cette histoire disait ‘Ecris moi ou je vais mourrir et je suis vraiment trop bonne pour mourir’ « 

 

Il est demandé à Stephen King si le personnage féminin de « Une sale grippe » (du recueil « Danse Macabre » ; une nouvelle précurseur au Fléau) est enceinte. Ce à quoi il répond ne plus se souvenir car il l’a écrit quand il était au lycée et ne s’en souviens quasiment plus.

 

Concernant la nouvelle « Accouchement à domicile » (du recueil « Rêves et Cauchemars »), Wendy Galgan demande si Stephen King pensait à l’horreur sous-jacente de l’histoire, que le bébé pourrait être mort-né dans un zombie. 
Il répond que oui, car il se rappelle très bien cette histoire et sa fin (attention spoiler : le bébé meurt et mange la chair de sa mère vers la sortie), mais il ne pouvait pas l’écrire. C’était trop.

Avant d’ajouter, en parlant aux écrivains devant la caméra : « C’est comme ce que Scott Landon dit dans ‘Histoire de Lisey‘ : il y a toujours un combat entre l’auteur et l’histoire. Et a un moment, l’auteur doit s’arreter et laisser l’histoire se raconter par elle-même. Je ne me suis pas dit « Oh et je vais laisser Maddie vivre. Elle a juste survécu dans l’histoire. Et je ne me suis jamais dit (spoiler concernant « Cujo » : que Tad Trenton allait mourrir dans la Ford Pinto. Il est mort. Il est simplement mort. Les gens m’ont écrit des lettres en me demandant comment je pouvais faire cela. Je ne l’ai pas fait. L’histoire l’a fait. Je ne savais pas. Pendant toute l’histoire je croyais qu’il allait survivre). Il faut rester loyal à l’histoire, surtout si on écrit du fantastique, si on écrit des histoires surnaturelles. Personne ne croiera quoi que ce soit sauf si on écrit la vérité au sujet des personnages.

 

 

 

HP Lovecraft

 

 

L’écriture sur les éléments du quotidien et ses influences

 

Stephen King est questionné pour savoir si, quand il a commencé à écrire, il cherchait à écrire sur des lieux qu’il connaissait et des situations du quotidien, deux choses qu’il appréciait chez Richard Matheson et pour lequel Stephen King est reconnu.

Il répond qu’on lui demande souvent si il a lu du Lovecraft : oui, il l’a beaucoup lu adolescent et aimé certaines histoires (« La couleur tombée du ciel », « Les rats dans les murs », « L’abomination de Dunwich »…) mais il considère que ses dialogues ne sont pas réalistes.
Avec la même question sur Edgar Allan Poe, il répond que jeune il appréciait « Le Masque de la mort rouge », « Le Puits et le Pendule », « Le coeur révélateur », « La Barrique d’amontillado ». Il a adoré ces histoires. Mais pas particulièrement ses autres histoires.

Puis il a découvert Robert Bloch qui a écrit un roman d’horreur au sujet d’un motel (« Psychose » dont le film d’Alfred Hitchcock s’inspire). Un roman d’horreur au sujet d’un homme fétichiste d’une écharpe avec laquelle il étrangle des femmes.

Ainsi que « Je suis une légende » de Richard Matheson, adapté à plusieurs reprises en film mais dont aucun n’égalent le roman et dans lequel on s’identifie au personnage.

Mais également Ray Bradbury qui écrivait sur une petite ville de l’Illinois. Il cite également Charles Beaumont, mais Stephen King atteste que Richard Matheson était le meilleur parce qu’il savait comment atteindre un pic d’intensité et y rester. Citant le roman « Duel » comme classique, atteignant une intensité qu’il ne quitte jamais.

 

 

Les radios de Stephen King et Tabitha King wzon wkit wzlo

 

 

Sur sa radio WZON

 

Wendy Galgan demande si ça ne lui manque pas de ne plus posséder sa station radio WZON. Ce à quoi il répond qu’il la possède toujours mais sous le nom de WKIT. Il n’espère pas faire de bénéfices, que quiconque l’espère dans une radio se trompe, et espère seulement ne pas perdre trop d’argent. 
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, 2020 a été une bonne année pour la radio, mais principalement du avec des financements pour promouvoir la campagne électorale, car sinon il n’y avait quasiment aucun investissement publicitaires.

 

 

 

Photo Stephenking Masque Covid19

 

 

 

Sur l’éventualité d’écrire sur le covid (dévoilant une nouvelle écrite autour du covid)

 

Interrogé sur la possibilité qu’il écrive une histoire sur le covid-19, Stephen King répond qu’il ne le fera probablement pas. 
Il évoque que le meilleur livre à ce sujet est sortit en mars 2020, soit au tout début de la pandémie et qu’il s’agit de « The end of october », par Lawrence Wright, car l’auteur avait vu juste sur tous les sujets associés à la pandémie et à la réaction des gens face à elle.

Stephen King évoque quand même qu’il a écrit quelque chose dessus, inspiré par son expérience à New York au début de la pandémie, alors qu’il était en tournage (probablement pour « Histoire de Lisey« ) avant qu’il ne soit mis en pause.
Il avait remarqué que la ville n’étaient pas aussi remplie que dans ses souvenirs et que tout le monde portait un masque. Il voulait écrire une histoire au sujet d’un homme qui remonte Madison Avenue. Il porte un masque et fait des clins d’oeil aux passants. Il leur en font en retour. Finalement il arrive à son hotel eoù se tient une réunion de pleins de gens portant des masques. II dit alors « c’est l’époque et le lieu parfait pour envahir, parce que la seule chose qu’on ne peut pas changer se trouve sous le masque ». Il le retire et on voit ses tentacules verts… ils font tous la même chose, parce que… ce sont des extra-terrestres avec des masques.

Stephen King continue en parlant de son roman « Billy Summers » qui arrive début aout et évoquant la croisième qu’il avait prévu dans son roman et dont il a du revoir la chronologie pour placer l’histoire en 2019.

« Je pense que les nez et les bouches vont devenir les nouvelles zones érogènes car ce sont des territoires couverts. Quand on enlève le masque c’est une manière de dire ‘Viens-ici chérie’, parce qu’on ne peut pas vraiment montrer une scène avec des personnes portant un masque en train de s’embrasser.

 

 

photo de stephen king 80s

 

Questions divers

 

S’en suit une série de questions / réponses / commentaires rapides et divers : 

– A l’époque du lycée, un parent avait dû enregistrer une pièce de théâtre radio de « Brume » et est contente d’entendre Stephen King

– Une question porte sur les nouvelles technologies
Il est demandé si Stephen King suggèrerai de faire des reboots plus modernes de certaines adaptations, avec les technologies actuelles : il répond que « Simetierre » a été refait ainsi que « Le Fléau ». Il mentionne qu’ à l’époque du téléfilm « Le Fléau », le tournage avait nécessité de se rendre sur 110 lieux. Ce qui n’était pas le cas de la nouvelle série qui a utilisé beaucoup d’imageries graphiques. Une des choses qui intéresse Stephen King sous le spectre de l’horreur est le monde de la réalité virtuelle, qui n’existait pas à son époque.

– Une personne déclare avoir adoré « L’institut » et pleuré à sa fin
King répond que c’est bien, qu’il aime les réactions émotionnelles

– Stephen King se rappelle t’il de sa dernière lettre de refus et cela concernait quel projet?
Il répond que plusieurs de ses nouvelles ont été refusées par le magazine New Yorker, car ils ont des standards élevés, mais que ses nouvelles ont été publiées ailleurs. Il n’a aucun regret ni remords ) ce sujet. Il mentionne alors la disparition ces dernières années des magazines publiant des nouvelles. 

– Une lectrice a été terifiée par « Sac d’os »
Il répond, « C’est bien, j’aime ça »

– Est-ce qu’il y aura d’autres livres co-écrits?
King répond que « Sleeping Beauties » était une histoire unique et que c’était une expérience fantastique. Il a une nouvelle collaboration qui arrive, « Gwendy’s Final Task », l’année prochaine, avec Richard Chizmar. Il parle du livre « Gwendy et la boite à boutons », évoque la suite « La plume magique de Gwendy » et déclare que concernant le troisième livre c’est lui qui est allé voir Richard Chizmar pour lui proposer l’écriture de cette dernière histoire.  Il admet qu’il aime collaborer de temps en temps mais que c’est difficile car il faut gérer la vision des deux auteurs. Il ajoute que sa collaboration la plus difficile a été l’écriture de la comédie musicale « Ghost Brothers of Darkland County », avec John Mellencamp.

– Quel est le meilleur film d’horreur qu’il a vu durant la pandémie? 
Le dernier film qu’il a vu au cinéma avant leurs fermeture était « Invisible Man » (réalisé par Leigh Whannell), qui traitait de la violence domestique, et déclare que ce film marchait bien. 
Il a aussi bien aimé « Bird Box » sur Netflix, mais avoue que c’était avant la pandémie.
Il mentionne aussi le film « The Vast of Night » et évoque son projet de voir un film sortit chaque année depuis les années 60s et avoir récemment vu « Eraserheard » de David Lynch. Qu’il qualifie de perturbant.

– Quelle est l’histoire préférée qu’il a écrit et qu’il a lu?
La nouvelle préférée qu’il a écrit est « Le chenal »  (dans son recueil « Brume », actuellement rééditée dans le livre Librio avec « Le singe »).
Concernant les romans, il s’agit de « Histoire de Lisey » car il a toujours voulu écrire sur les sujets de la créativité et du marriage, et comment un bon marriage peut ancrer quelqu’un de créatif.

– Est-ce que Stephen King a déjà été déçu par une de ses adaptations?
Oui, mais il ne dira rien de plus… si ce n’est qu’il a été très chanceux par les adaptations. Il enchaine ensuite sur l’anecdote de sa rencontre avec une femme âgée dans un supermarché qui ne voulait pas croire qu’il avait écrit l’histoire du film « Les évadés« 

– A t’il envisagé vivre ailleurs que dans le Maine?
Un scénariste originaire du Maine qui a vécu quelques années à Los Angeles avant de revenir dans le Maine, demande si King a déjà envisagé de vivre ailleurs.
Il répond qu’après avoir écrit « Carrie » et « Salem » il avait eu besoin de changer d’air, mais lui et sa femme ne savaient pas où aller. Elle lui a donc montré une carte et lui demander de pointer au hasard pour choisir leur destination. Ils ont donc vécu quelques temps dans le Colorado, où ont été écris « Shining » et « Le Fléau ». Mais ils avaient besoin de revenir dans le Maine car se sentaient claustrophobiques sans avoir d’océans près d’eux. Ils vivent donc dans le Maine et vont en Hiver en Floride car il ne supporte plus le froid.

 

 

 

Pour conclure, Wendy Galgan revient sur l’interview de Dick Gavett : Stephen King y avait déclaré chercher ce qui l’effraie le plus et écrire dessus pour s’en débarasser. Elle lui demande donc si il a pu se débarasser de ce qui l’effraie le plus.

Il répond que non, car « on découvre de nouvelles choses qui font peru en grandissant. »
Enfant, c’était ce qui se trouvait sous son lit ou dans son placard, et il écrivait donc sur ça quand il était un jeune auteur. Certaines de ces peurs disparaissent, bien qu’il n’aime pas avoir les pieds en dehors du lit la nuit, ou voir la porte du placard ouverte la nuit.
Par contre, en vieillissant, ce qui lui fait peur c’est l’aspect politique. Il essaie de ne pas trop en incoporer dans ses histoires, car il juge que ce n’est pas utile si cela ne sert pas l’histoire. Mais ce qui l’effraie le plus maintenant c’est la pandémie. Ce qui va changer. Ce qui ne va pas changer. 
Et bien entendu Alzheimer, devenir fou… et en tant qu’auteur qui a utilisé son imagination toute sa vie, il est parfaitement au courant que bon nombre d’auteurs en ont souffert.

 

 

 

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Découvrez aussi plusieurs autres de nos traductions et retranscriptions d’interviews :


Conversation avec James Lee Burke : Stephen King parle de l’écriture et de ses peurs
Conversation Youtube entre Stephen King et John Grisham
une interview de Stephen King pour CNN dans laquelle il critique l’inaction et les mauvais exemples du gouvernement américain face au coronavirus
le discours de Joe Hill et de Stephen King, à l’occasion de la remise d’un Audie Award le récompensant pour l’ensemble de son oeuvre litéraire
la discussion publique entre Joe Hill et son père, un échange riche en humour et humilité
le podcast Post Mortem de Mick Garris avec Stephen King dans lequel ils dévoilent les secrets des téléfilms « Le Fléau » et « Shining, les couloirs de la peur »
le podcast Post Mortem de Mick Garris avec Mike Flanagan
Un essai d’Owen King dans lequel il évoque les lectures pour Stephen King, son père, et l’impact que cela a eu sur sa vie
« Quand Stephen King est ton père, le monde est rempli de monstres », un essai de Joe Hill

 

 

 

 





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  1. [ENG] « The Art and Making of The Stand », avec la nouvelle conclusion écrite par Stephen King

    22 juin
  2. Weekend du Locus Awards, avec « Si ça saigne » nominé

    23 juin - 26 juin
  3. La Ligne Verte : livre audio, chez Audiolib

    23 juin
  4. Histoire de Lisey (Lisey’s Story) : s01e05, sur Apple TV

    25 juin
  5. Les Evadés : publié en livre chez Albin Michel Jeunesse

    30 juin

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